François Morel s’empare du phrasé de Raymond Devos. Il rend hommage au clown, jongleur des mots, phénomène rare et maître à penser, à repenser le monde ; à son œuvre consacrée à la vie, à la mort et à l’absurdité qu’on trouve entre les deux.

J'ai des doutes
J'ai des doutes © M. Toussaint

Il rentre chez lui, il surprend son meilleur ami dans ses pantoufles. Il a des doutes. Il le dit. « En plus, c’est pas du tout sa taille. » Le lendemain, son copain porte son pyjama. « J’ai des doutes », répète Raymond Devos, tout en jouant à la guitare un air espagnol. 

François Morel découvre Devos à Caen, dans les années soixante-dix. Il le voit, gruge l’entrée pour y retourner. Il occupe les marches, s’émerveille devant ce clown qui jongle avec tout, y compris la parole. Et tout bascule. Veste bleue, nœud pap, Devos joue de la guitare ou de la coupe de champagne. Sorcier merveilleux du langage, il joue des mots comme de baguettes magiques. 

François Morel s’empare du phrasé du maestro, poèmes et calembours, pour tordre le monde. Il le retourne dans tous les sens pour voir s’il neige.  Comédien, écrivain, chroniqueur pour France Inter, François Morel vit au Rond-Point depuis toujours. Son jardin extraordinaire a vu pousser une Collection Particulière ; Les Diablogues de Dubillard ; Un soir, des lions... avec Juliette ; La fin du monde est pour dimanche ; La Vie (titre provisoire) avec le musicien Antoine Sahler qui le rejoint ici dans un portrait musical et joyeux. 

Phénomène rare et maître à penser, ou à repenser le monde, Raymond Devos disparaît au printemps 2006. Il laisse hors du temps une oeuvre consacrée à la vie, à la mort et à l’irrésistible absurdité qu’on trouve entre les deux.  

Pierre Notte 

J'ai des doutes
J'ai des doutes / M. Toussaint

Raymond Devos, Mesdames et Messieurs, est un miracle qui est apparu, singulier, sur la scène du music-hall français. Il ne ressemblait à personne. Personne, plus jamais, ne lui ressemblera. C’est comme ça. Il faut se faire une raison. Même si on n’est pas obligé… de se faire une raison. Il est plus opportun en évoquant Devos de se faire une folie. Un grain de folie capable d’enrayer la mécanique bien huilée de la logique, de la réalité, du quotidien. Ceux qui l’ont vu s’en souviennent : Raymond Devos fut un phénomène rare. Comme les arcs-en-ciel de feu circulaire, comme les colonnes de lumière, comme les vents d’incendie, comme les nuages lenticulaires, il a surgi, miraculeux et mystérieux, derrière un rideau rouge qui s’ouvrait sur l’imaginaire. On n’avait jamais vu ça ! Et, devant cet homme en apesanteur, on avait le souffle coupé. 

François Morel — mai 2016 

J'ai des doutes
J'ai des doutes / M. Toussaint

►►► Distribution 

  • Textes : Raymond Devos 
  • Un spectacle de et avec : François Morel 
  • Composition musicale : Antoine Sahler 
  • Musique et interprétation : Romain Lemire 
  • En alternance avec : Antoine Sahler 
  • Assistanat à la mise en scène : Romain Lemire 
  • Lumières : Alain Paradis 
  • Son : Camille Urvoy 
  • Costumes : Élisa Ingrassia 
  • Poursuite : Françoise Chapero 
  • Conception, fabrication et mise en jeu des marionnettes : Johanna Ehlert, Matthieu Siefridt — Blick Théâtre 
  • Direction technique : Denis Melchers

Source Théâtre du Rond

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