Un vibrant « Au revoir » ou comment pénétrer dans le ventre du métissage.

Arrivée à l’automne de sa vie, le moment est venu pour Estelle Marion d’écrire, puis de raconter. Née de l’union à la fois amoureuse et douloureuse de deux couleurs, deux continents, deux cultures, deux civilisations, elle est une « mulâtresse », une « sang mêlé ».

Au milieu de ces entre-deux, une béance s’est ouverte et c’est là qu’elle va creuser, comme dans une plaie restée à vif, pour tenter de comprendre et de faire comprendre les sentiments troubles et troublés d’une identité résultant à la fois d’une histoire humaine et individuelle, et d’une histoire de la colonisation. Deux histoires qui, dès sa naissance, se sont écrites en noir et blanc dans sa chair.

Kwaheri« Au revoir » en swahili - est un récit de vérité, sans victimisation ni apitoiement, pour parler de l’intériorisation du racisme liée aux éléments les plus profonds et les plus déterminants de l’être, du métissage, de sa douleur, et peut-être de sa beauté. Pour Estelle Marion , à l’unisson avec Toi Dericotte , un auteur en qui elle se reconnaît, « parler est une façon de détruire le mal à la racine » .

Estelle Marion sera accompagnée de M.Hérouet (piano) et Manou Gallo (basse, percussions)

CRÉATION COSTUME : Audrey Marion.

CRÉATION LUMIÈRE : Nathalie Borlée.

CRÉATION VIDÉO : Zeno Graton.

COMPOSITION MUSICALE : Marc Hérouet.

Estelle Marion

Est née au Rwanda, d’un père belge et d’une mère rwandaise, à une époque où les mariages mixtes étaient interdits. Suite aux vagues des persécutions des Tutsis d’après-guerre, la famille part s’installer au Congo. Après 4 années d’école primaire qu’elle passe en Belgique auprès de ses grands-parents, c’est à Bukavu qu’Estelle Marion suit son parcours scolaire. Elle reviendra plus tard en Belgique pour entrer à l’INSAS. Elle y est aujourd’hui professeur. Elle a au Conservatoire Royal de Bruxelles et à la Manufacture à Lausanne et a donné des stages au Conservatoire National de Dakar et à Port au Prince en Haïti. Elle a joué dans de nombreux spectacles, au Théâtre Varia, à la Balsamine, au Théâtre National, au Rideau … en France et en Suisse. Elle est dès 1974, dans l’un des premiers spectacles de Michel Dezoteux, Crusoe Crusoe d’après Daniel Defoe. On la retrouve dans le chœur des morts et Choryphée deRwanda 94 , mise en scène de Jacques Delcuvellerie. Elle joue dans Les monologues du vagin , d’Eve Ensler, présenté au Théâtre de Poche dans la mise en scène de Tilly. On l’a encore vue dans POP ? d’Armel Roussel. On la voit aussi au cinéma, entre autres dans des films de Gérard Corbiau (Histoire de « S » , Première fugue) et de Chantal Akerman (Les années 80 ). De 2000 à 2003, elle a fait partie du jury de Pour la Gloire , émission de la RTBF.

Où que j’aille je suis un morceau de mon pays Fatos Arapi

Si demain il me fallait partirJ’aimerais avec tous ceux qui le désirentPartager cet aspect de ma vieEt après sans regret dire : « KWAHERI » .

Le texte du spectacle est pour le principal d’Estelle Marion, avec des emprunts à Toi Derricotte (poètesse née en 1941 dans le Michigan, auteure du livre « Noire, la couleur de ma peau blanche » ), Antoine Tshitungu Kongolo (poète, écrivain, nouvelliste et essayiste, née à Lumumbashi en 1957), Claude Mckay (romancier, poète et nouvelliste, né à la Jamaïque en 1889), Guy Tirolien (poète guadeloupéen né à Pointe-à-Pitre en 1917), Maya Angelou (écrivaine, poétesse, actrice et militante née en 1928 dans le Missouri), Léon Gontran Damas (poète et essayiste né à Cayenne en 1918).

La musique est pour la plupart une composition originale de Marc Hérouet, avec des inserts de chansons existantes (Strange Fruit, We shall Overcome, Vietnam Blues, Independance cha-cha , etc.)

Un spectacle d’Estelle Marion en coproduction avec le Théâtre Varia / Centre Dramatique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec l’aide du Conseil d’aide aux projets théâtraux (CAPT).

Soirée spéciale et bord de scène le jeudi 17 janvier.

Rencontre informelle avec l’auteur et interprète après chaque représentation. Journée particulière / La question métisse : Le samedi 26 janvier

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