de Bertolt Brecht, mise en scène Stuart Seide

Avec Arnaud Agnel, Aurélien Ambach-Albertini, Clémence Azincourt,Fanny Bayard, Charlotte Bertoldi, Anthony Diaz, Marie Filippi, Carine Goron, Maxime Guyon, Ariane Heuze, Lisa Hours, Yann Lesvenan, Adrien Mauduit, David Scattolin, Antoine Suarez-Pazos

« Brecht est un immense poète, sensuel, gourmand de la vie et ami des plaisirs. Avec lui, cela commence toujours par « Il était une fois… » et tout le théâtre que j’aime commence par « Il était une fois… ». J’aime son irrésistible attirance pour les personnages féminins comme cette merveilleuse Shen Té de La bonne Âme du Se-Tchouan.Ce texte est un matériau protéiforme dans lequel tout le monde peut trouver sa place et qui convoque des approches esthétiques très différentes : on y trouve de la psychologie, de l’engagement politique, de la brutalité, dela tendresse, de l’épique, de l’intime, de la poésie, du clown, de la musique, du chant… La première promotion de l’EpsAd est sortie avec Hamlet, la deuxième avec un auteur contemporain macédonien. Je souhaitais quelque chose de différent pour la troisième promotion. Brecht me l’offre. (...). En juin 1966, à la Brooklyn School of Performing Arts, quand ma formation s’est terminée, j’avais choisi ce texte pour mon spectacle de sortie en tant qu’élève-metteur en scène. J’avais alors 20 ans. » Stuart Seide

En quelques mots

Dans une rue de la capitale du Se-Tchouan, Wang, le marchand d’eau se désespère de sa pauvreté, comme de celle de tous les habitants de sa province. Il vient d’apprendre que les Dieux ont entendu leurs plaintes et que deux d’entre eux vont arriver sur terre pour constater la situation. Les voici ! Ils demandent à Wang de les aider à trouver une chambre pour la nuit. Wang s’exécute mais tout le monde l’éconduit. Les dieux s’interrogent : n’y aurait-il plus de bonne âme dans le Se-Tchouan ?

Répétition de La bonne âme du Sé -Tchouan
Répétition de La bonne âme du Sé -Tchouan © Frédéric Iovino

La « bonne âme » et son double :

On connaît la fable sur laquelle repose cette Bonne Ame , définie par Brecht comme une « parabole dramatique », et la tâche assignée à Chen-Té, la prostituée de Se-Tchouan, par les dieux : être bonne, continuer à être bonne dans un monde où les dieux n’ont nulle part rencontré des « gens qui aient réussi à mener une existence digne de l’homme », prouver que la bonté y est possible. Chen-Té a eu beau protester, crier ses craintes : « Mais je ne suis pas sûre de moi, dieux illustres. Comment faire pour être bonne quand la vie est si chère ? », les dieux n’ont rien voulu entendre : ils se moquent des questions économiques.

Une fois Chen-Té installée dans le petit débit de tabac que les mille dollars laissés par les dieux lui ont permis d’acheter, son épreuve commence. Réputée riche, elle voit aussitôt son magasin envahi par des pauvres qu’elle y accueille et qui le mettent au pillage. Devant les exigences des pauvres aussi bien que des riches, Chen-té ne trouve de remède que dans une suggestion de ces pauvres eux-mêmes : celle d’inventer un autre personnage, son cousin Choui-Ta, un homme qui ne se soucierait pas d’être bon, mais seulement homme d’affaires inspirant le respect aux riches et la crainte aux pauvres, un homme qui dirait : « Pour lui garder sa boutique, je suis prêt à aller jusqu’à l’extrême limite de ce qui est légalement permis. » Chen-Té est écartelée entre la « bonne âme » et Choui-Ta. D’un côté, il y a l’irrésistible tentation de bonté, de l’autre il y a le monde, ses nécessités, les exigences des riches et aussi celles des pauvres…

Bernard Dort, Lecture de Brecht

Répetition de la bonne âme
Répetition de la bonne âme © Frédéric Iovino

En supplément

• Table ronde « Création et Transmission » le samedi 23 juin à 15h, petite salle Lille, en présence de pédagogues et d’anciens élèves des écoles supérieures d’Art dramatique Ernst Busch de Berlin et l’EpsAd de Lille et en partenariat avec le Goethe Institut de Lille, projection du film : « Acteur à tout prix » d’Andres Veiel.• Rencontre avec l'équipe artistique : mardi 26 juin après la représentation.• Cours public animé par Yannic Mancel : mercredi 27 juin à 18h30. Petite salle, Lille.

Les 4 et 5 juillet à 21h, au Théâtre Paris Villette

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.