La Dernière Bande est une pièce deSamuel Beckett en un acte, écrite en anglais sous le titre deKrapp’s Last Tape . La première de la pièce a été donnée le 28 octobre 1958, au Royal Court Theatre de Londres, dans une mise en scène de Donald McWhinnie et jouée par Patrick Magee.Krapp, un vieil homme, est assis seul dans sa chambre tard dans la nuit. C'est son soixante dixièmeanniversaire . Il se prépare à enregistrer ses souvenirs de l'année écoulée , comme il a l’habitude de le faire pour chacun de ses anniversaires depuis sa jeunesse. Les événements enregistrés sur chaque bande sont méticuleusement notés dans un grand livre qui lui permet d'accéder facilement aux souvenirs de son passé. S’apprêtant à enregistrer une nouvelle bande, il écoute un enregistrement qu'il a réalisé trente ans plus tôt.C’est alors la voix d’un homme confiant, optimiste, dans la force de l’âge , qu’il entend . C’est à peine s’il se reconnaît. Il rit, avec ironie, en entendant ses ambitions passées et ses vieux rêves.Il réécoute de nombreuses fois un passage, dans lequel le jeune Krapp parle calmement et avec philosophie de la fin d'une relation avec une femme, qui pourrait être appelée Effi.À l'époque, il envisage cette rupture comme inévitable et se réjouit des nombreuses conquêtes et triomphes à venir. À présent, avec du recul, il se rend compte qu'elle était le dernier grand amour de sa vie, et qu’en la perdant il y a tant d’années ses chances de bonheur se sont envolées.

Déclarations

La dernière bande
La dernière bande © Lesley Leslie-Spinks /

Robert WilsonPour l’une de mes premières pièces, Une lettre de la reine Victoria, Beckett m’a honoré d’une visite en coulisses. Il m’a complimenté sur mon texte fragmenté et non séquencé, qu’il trouvait formidable. Finalement, c’est Eugène Ionesco qui a fait la critique de ma toute première pièce Le Regard du sourd et a écrit “Wilson est allé plus loin que Beckett." C’est pour cela que j’ai été très intimidé lorsque je l’ai finalement rencontré.J'ai toujours senti une parenté avec le monde de Beckett. Il est, d’une certaine manière, trop proche de mon travail. Mais maintenant, après 35 ans, j'ai décidé de relever le défi et de me lancer.Lorsque je dirige un travail, je crée une structure installée dans le temps. Enfin, lorsque tous les éléments visuels sont en place, je crée un cadre que les interprètes remplissent.Si la structure est solide, alors chacun s’y sent libre. Ici, pour la plupart, la structure est donnée, et je dois trouver ma liberté au sein de la structure de Beckett qui indique à quoi elle doit ressembler, quels sont les mouvements, etc. Tout est écrit.

La dernière bande
La dernière bande © Lesley Leslie-Spinks /

Sue Jane Stoker , collaboratrice à la mise en scèneNon seulement Robert Wilson conçoit la mise en scène et la scénographie de ce spectacle, mais il y joue également. Sa première apparition en tant qu'acteur remonte en 2000, lorsqu’il interprète Hamlet : un monologue.Ce travail complet offre une opportunité unique à son art de la scène – qui est le mélange d’une intégration rigoureuse et précise du mouvement, de la lumière et du son – d’afficher au sein de ce cadre, une structure qui laisse une grande liberté à la spontanéité. C’est ce qui rend sa performance si passionnante.Robert Wilson a souvent été comparé à Beckett, tous deux excellant dans la maîtrise de l’austère simplicité, réalisation artistique des plus difficiles. Rien n'est superflu, pas un mot, pas un mouvement. En l’espace d’une brève heure Beckett et Wilson peignent en quelques touches une vision du monde à la fois particulière et universelle.

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