Existe-t-il un passage secret qui nous permette d’accéder à l’essence d’une peinture ? Oui, répond Angelin Preljocaj avec ce conte chorégraphique qui rend un bel hommage au pouvoir d’illusion des images.

Angelin Preljocaj La Fresque
Angelin Preljocaj La Fresque © Jean-Claude Carbonne

Il était une fois en Chine deux voyageurs, qui, un jour de tempête, trouvent refuge dans un temple. Ils découvrent alors, sur l’un des murs, une fresque magnifique représentant un groupe de jeunes filles. Le voyageur nommé Chu tombe éperdument amoureux de l’une d’elles. Pour rejoindre l’objet de sa flamme, il traverse le tableau... 

Cette légende traditionnelle asiatique a inspiré à Angelin Preljocaj une rêverie somptueuse qui emporte le spectateur de l’autre côté du miroir.  

La partition électro-fusion de Nicolas Godin, cofondateur du groupe Air, les costumes d’Azzedine Alaïa, les décors et vidéos créées par la designer Constance Guisset et les lumières d’Éric Soyer composent une troublante traversée des apparences, à mi-chemin entre représentation et réalité. 

Renouant avec la veine de ballets tels que Blanche Neige et Siddharta, la danse fourmille de tableaux suggestifs, là un pas de deux aérien, ici des voyageurs traversant une diagonale de lumière. Initialement destiné au jeune public, ce voyage dans un espace-temps parallèle fascine à tout âge. 

Car La Fresque au Théâtre National de la Danse de Chaillot n’est pas seulement une évocation poétique. Elle questionne aussi le rôle de l’art dans la société d’aujourd’hui. 

Isabelle Calabre 

►►► Distribution 

Chorégraphie Angelin Preljocaj  D'après le conte traditionnel chinois : La peinture sur le mur Musique Nicolas Godin  Costumes Azzedine Alaïa  Décors vidéo Constance Guisset Studio  Lumière Éric Soyer  Assistante répétitrice Natalia Naidich  Choréologue Dany Lévêque Avec 10 danseurs

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