Tenessee Williams mis en scène par Ivo van Hove avec Isabelle Huppert

Isabelle Huppert
Isabelle Huppert © Carole Bellaiche

« La scène est la mémoire. » Elle est peuplée d’un trio de figures : une mère, Amanda, et ses deux enfants, Laura et Tom. Amanda s’imagine encore en grande dame de la bonne société du Sud. Tom, qui se voudrait poète, subvient aux besoins de la famille en travaillant dans une usine de chaussures et saisit le moindre prétexte pour filer au cinéma. Quant à Laura, son aînée de deux ans, d’une timidité maladive, voire inquiétante, elle ne quitte pas l’appartement et consacre des heures à entretenir sa collection d’animaux en verre filé... Un soir, une solution semble se présenter en la personne de Jim O’Connor, “gentil jeune homme ordinaire” qu’Amanda verrait bien se fiancer à Laura. Mais Jim n’est qu’un rêve illusoire de plus, sans doute le dernier... 

Trois solitudes presque à huis clos, trois fragilités, trois façons de rêver d’une autre existence. L’intrigue de La Ménagerie de verre est simple et insaisissable comme un souvenir raconté par Tom, qui fait du plateau le lieu où convoquer son passé. 

Avec La Ménagerie de verre, qui fut en 1945 son premier grand succès, Williams réussit une synthèse bouleversante entre l’héritage du symbolisme et l’écriture du quotidien. Du même coup, il invente le memory play, qui redonne à voir l’un des pouvoirs fondamentaux du théâtre : donner corps aux fantômes. 

Après Vu du pont d’Arthur Miller, autre memory play, Ivo van Hove revient à l’Odéon avec ce chef-d’oeuvre fondateur pour diriger Isabelle Huppert dans l’un des rôles mythiques du répertoire américain.

►►► Extrait

  • Amanda : Les filles qui ne sont pas taillées pour la vie professionnelle ont toujours la solution de se trouver un bon mari. Elle se lève avec un regain d’énergie. Petite Sœur, c’est ça qu’il faut que tu fasses ! 

Laura émet un rire effaré et dubitatif. Dans un geste involontaire, elle saisit un de ses animaux de verre. 

  • Laura : Mais, maman - 
  • Amanda (se dirigeant vers la photographie) : Oui ? 
  • Laura (sur un ton suppliant, apeuré) : Je suis - infirme ! 
  • Amanda : N’importe quoi ! Laura, je t’ai dit de ne jamais, jamais prononcer ce mot. Enfin, tu n’es pas infirme, tu as juste un petit problème – qui se voit à peine, d’ailleurs ! Quand on a une légère imperfection comme la tienne, on développe d’autres atouts pour compenser – le charme par exemple – la vivacité et – le charme, oui ! C’est tout ce que tu as à faire ! 

Tennessee Williams : La Ménagerie de verre, scène 2 (texte francais d’Isabelle Famchon)

►►► Distribution

  • De Tennessee Williams 
  • Mise en scène Ivo van Hove 
  • Avec Isabelle Huppert, Justine Bachelet, Cyril Guei, Nahuel Pérez Biscayart
  • Traduction française : Isabelle Famchon 
  • Dramaturgie : Koen Tachelet 
  • Scénographie, lumière : Jan Versweyveld 
  • Costumes : An D’Huys 
  • Son et musique : Georges Dhauw
  • Production Odéon-Théâtre de l'Europe
  • Coproduction La Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale, Onassis Stegi – Athènes, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Thalia Theater – Hambourg, deSingel – Anvers, Barbican – Londres
  • La Ménagerie de Verre est présentée en vertu d’un accord exceptionnel avec The University of the South, Sewanee, Tennessee.
  • La pièce est gérée en Europe francophone par Marie-Cécile Renauld, MCR Agence Littéraire en accord avec Casarotto Ramsay Ltd.

Source Théâtre de l’Europe Odéon

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