La Mort de Tintagilesest mise en scène par Denis Podalydès, Sociétaire de la Comédie-Française, au Théâtre des Bouffes du Nord."Ygraine et Tintagiles en haut de la colline regardent le château malade, construit au fond de la vallée, auplus profond d'un cirque de ténèbres. Tintagiles vient d'être ramené. Il est revenu en bateau. C'est la Reinequi l'a fait venir. Ygraine ne le savait pas. Le château est sous la domination de cette femme vieille, grandmèredes enfants (Tintagiles, Ygraine et Bellangère). On ne la voit jamais, on la dit énorme. Elle vit dans laTour, toutes les portes sont fermées. Ygraine et Bellangère vivent depuis toujours là, elles se trainent icidepuis notre naissance, avec leur vieux maître Aglovale, le dernier ami qui leur reste.La Reine veut Tintagiles et finira par l'arracher à Ygraine, dont la résistance, le courage et la force nesuffiront pas pour sauver l'enfant. Sitôt qu'on cesse d'imaginer ce qu'on lit, qu'on cherche à voir au lieud'entrevoir, qu'on tâche de l'édifier – ne serait-ce que mentalement – sur une scène, d'en dresser lareprésentation concrète, on sait bien que cela même auquel on veut donner corps, se dérobe et disparaît.

La Mort de Tintagiles de Maurice Maeterlinck au Théâtre des Bouffes du Nord
La Mort de Tintagiles de Maurice Maeterlinck au Théâtre des Bouffes du Nord © Pascal Gely

C'est le mystère Maeterlinck . Et pourtant tout est simple, tout est court, n'avance pas plus loin qu'au bordd'un abîme tout proche, que l'on se refuse à qualifier, la mort, le néant, ou la vie. Comment habiter ceparage sans couleur ni contour, mettre sur le théâtre ce qui le fuit tout en l'appelant ? Cette gageurem'intéresse non par goût d'un défi esthète, mais parce que le trop plein d'images m'y amène naturellement,parce que la question du théâtre tout entier s'y pose d'une manière évidente quoique discrète, et parce quecertaines rencontres ont eu lieu, récentes mais propres à faire changer de cap ou à préciser la trajectoire, jene sais. La rencontre avec certains comédiens qui vous inspirent un autre répertoire. On parle etMaeterlinck vient dans la conversation. On lit ou relit et on s'y arrête. On lit Le Trésor des humbles et ons'y arrête. On recommence. On reprend ça : La Mort de Tintagiles . On sait que Claude Regy trouva laformule, le spectacle fut inoubliable. On hésite. On repousse. On y revient. On envisage quand même de lefaire.Et il y a la rencontre avec un musicien dont l'Art vous étonne. Avec Christophe Coin, nous avons fait LeBourgeois gentilhomme . Ce fut pour moi décisif, et mon goût du théâtre musical - je sais la formule assezcreuse, mais pour l'instant je préfère n'en pas avoir d'autre - a trouvé son homme. Christophe lit Tintagiles.On se dit qu'il faut le faire. Nous allons travailler et chercher ensemble, acteurs et musiciens, dans les motset dans la musique, et faire que nos pratiques et nos outils respectifs, dressent dans l'air la formeimmatérielle de Tintagiles."Denis Podalydès , Sociétaire de la Comédie-Française

Distribution

De Maurice Maeterlinck Mise en scène Denis Podalydès , Sociétaire de la Comédie-FrançaiseConception musicale Christophe Coin et Garth Knox Scénographie Olivier Brichet LumièresStéphanie Daniel Costumes Géraldine Ingremeau Création sonore Bernard Vallery Avec Christophe Coin violoncelle et barytons à cordes, Adrien Gamba GontardTintagiles , Garth KnoxAglovale alto, viole d'amour, Leslie MenuYgraine et Clara NoëlBellangère .

Extrait

“Il dort dans l’autre chambre. Il semblait un peu pâle, un peu souffrant aussi. Il était fatigué du voyage et dela longue traversée. Ou bien, c’est l’atmosphère du château qui a surpris sa petite âme. Il pleurait sansraison. Je l’ai bercé sur mes genoux ; viens voir - II dort dans notre lit - II dort très gravement, une main surle front, comme un petit roi triste...”La Mort de Tintagiles , Acte II - extrait

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