Musique Gioachino Rossini Livret Luigi Romanelli Direction musicale Jean-Christophe Spinosi Mise en scène, scénographie et vidéo Giorgio Barberio Corsetti, Pierrick Sorin

Le mot de Jean-Luc Choplin

La pietra del paragone a pour moi une saveur toute particulière : celle des premières fois.Première réalisation scénique – pour Pierrick Sorin qui, lorsque je le sollicitai n’avait non seulement jamais mis de spectacle en scène mais encore jamaismis un pied dans une maison d’opéra.Première direction musicale d’une oeuvre lyrique à Paris – pour Jean-Christophe Spinosi qui a su déployer tout son talent, son énergie et sa passion.

Première à Paris – pour cette oeuvre rare de Rossini qu’il compose à peine âgé de 20 ans et que l’on découvre, à cette occasion, sur instruments d’époque.Première pierre , enfi n, d’une ligne de programmation qui me tient particulièrement à coeur : abattre les frontières entre les arts, ouvrir la scène aux artistes d’aujourd’hui, leur offrir des oeuvres lyriques et partager leur regard.L’intelligence et l’humour de Pierrick Sorin dans le traitement de La pietra del paragone en ont fait, à mon sens, un chef d’oeuvre populaire dont l’édition DVD s’est trouvée épuisée en quelques mois seulement.Avec cette reprise, que le public réclamait depuis 7 ans, j’ai voulu retrouver cette émotion, celle d’une oeuvre à part, poétique, virtuose et irrésistiblement drôle.

La Pietra del paragone
La Pietra del paragone © Marie-Noëlle Robert

Acte I

Dans le parc de la riche demeure du comte Asdrubale, Pacuvio, exécrable rimailleur, déclame ses vers, mais se heurte à l'hostilité générale. Seule Donna Fulvia, dont il est épris, lui accorde son attention. Elle lui promet une belle situation si elle parvient à épouser Asdrubale dont elle convoite la fortune, tout comme la baronne Aspasia.Arrive Macrobio, journaliste véreux et soupirant d'Aspasia qui se querelle avec le chevalier Giocondo. Celui-ci est épris de la marquise Clarice, elle-même amoureuse du comte. Jouant avec l'écho, Clarice déclare son amour à Asdrubale. Touché, celui-ci n'ose écouter son coeur.Soupçonnant les trois femmes de le courtiser par intérêt, il décide d'éprouver leur sincérité. Avec l'aide de son fidèle serviteur Fabrizio, il élabore un stratagème, « la pierre de touche ».Clarice et Giocondo s'entretiennent : il lui déclare sa flamme, elle lui parle de son frère jumeau Lucindo qui a disparu, mais ils sont interrompus par Macrobio et Asdrubale.Fabrizio remet à son maître un billet qui le fait pâlir : Asdrubale se retire. Chacun interprète à sa façon la réaction du comte et les conversations animées reprennent.Aspasia et Fulvia annoncent la ruine d'Asdrubale. Elles se réjouissent de ne pas l'avoir épousé, lorsque Macrobio annonce l'arrivée d'un créancier étranger (le comte déguisé en Turc).Accompagné de serviteurs, le Turc entre et menace de saisir tous les biens s'il n'est pas payé. Devant le cataclysme, les personnalités de chacun se révèlent, les masques tombent. Seuls, Clarice et Giocondo soutiennent le comte dans l'adversité.C'est alors que Fabrizio, sautant de joie, annonce qu'il a retrouvé le document attestant que les dettes ont été payées.Asdrubale ayant quitté son déguisement, Clarice, Giocondo et Fabrizio se réjouissent de cette péripétie tandis que les autres tentent de faire bonne figure.

La Pietra del paragone
La Pietra del paragone © Marie-Noëlle Robert

Acte II

Le comte rit de voir chacun justifier son attitude; il pardonne à tous et convie l'assemblée à une partie de chasse.Une tempête éclate, tous se dispersent. Giocondo, déchiré entre son amour pour Clarice et son amitié pour Asdrubale, tente d'attendrir la jeune femme qui, touchée, finit par lui promettre de l'aimer si jamais ses sentiments pour Asdrubale changeaient. Ils sont surpris dans cet échange par Macrobio, la baronne et le comte, qui se met à douter.Giocondo rassure pourtant Asdrubale et le presse de prendre sa décision. Celui-ci propose tout d'abord de se moquer de Macrobio qui devait le défier.C'est alors que Clarice reparaît, radieuse, une lettre de son frère à la main. Le comte propose aussitôt d'inviter le jeune homme. Entre-temps, Giocondo provoque Macrobio en duel pour avoir fait courir le bruit que le chevalier aurait imploré Pacuvio de lui laisser la vie sauve. Macrobio tente de se défiler. C'est alors que le « jumeau » de la marquise ( Clarice en uniforme militaire ) fait son entrée - la baronne et Donna Fulvia projettent déjà de l'épouser. Il propose à Giocondo la main de sa soeur, mais celui- ci la refuse au nom de son amitié pour Asdrubale. Le jeune homme annonce alors qu'il emmènera sa soeur et qu'ils ne la reverront plus.Le comte découvre alors l'intensité de son sentiment et tente d'infléchir le frère.Accablé, il sort, soutenu par Giocondo. Fabrizio est chargé par son maître de transmettre à Clarice une demande en mariage. Elle la signe de son nom avant de révéler son identité. La stupeur générale laisse place à une explosion de joie.

La Pietra del paragone
La Pietra del paragone © Marie-Noëlle Robert
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