Mise en scène Eric Lacascade La Vestale, tragédie lyrique en trois actes, texte de Etienne de Jouy, création en 1807 en Version française

La Vestale vue par Eric Lacascade

Julia, femme victime, femme guerrière, femme révoltée, femme insoumise, révélée à elle-même par l’amour passion. La puissance de cette passion, la puissance de cette femme enflammée dépasse de loin toute époque.Soumise à un rituel ancestral dans lequel la femme est au service de Dieu et de l’homme, elle ose choisir la singularité de son amour, contre la loi divine, contre la loi de la cité.L’amour passion est un véhicule au service d’une émancipation.L’amour passion est un acte qui peut, à lui seul, faire trembler toute une nation. Sa puissance dépasse toute époque et ne s’inscrit dans aucune. C’est ainsi que je ne chercherai pas à représenter La Vestale en suivant les didascalies du livret, ni à en faire une oeuvre contemporaine.Un dispositif simple, un plateau nu tantôt brûlé par le soleil, tantôt plongé dans la demi-pénombre. Tantôt place publique où l’on fait la fête et où l’on exécute. Tantôt temple où en son milieu le feu sacré brûle et meurt.Dans cette simplicité, cette sobriété, nous serons au plus près du chant et du corps des chanteurs, éprouvant ainsi la force de leur conviction. Au plus près d’une action violente portée tant par les héros que par le peuple.Car c’est cette présence du peuple, peuple de vestales, de prêtres, de guerriers, de citoyens, foule bigarrée et mélangée, toujours au bord de l'explosion qui fait aussi la puissance de l'oeuvre.

Histoire

La création de La Vestale a compté parmi les événements les plus marquants du début du XIXe siècle. Immense succès, cet ouvrage a été donné pendant trente ans à Paris et eut un grand retentissement en Europe où elle fut traduite et représentée en italien, suédois et allemand, cette dernière version ayant été dirigée par Richard Wagner en personne. Alors âgé de trente-trois ans, Spontini réunit dans cette oeuvre le style italien et la déclamation noble du texte qui avait tant d’importance dans l’opéra français. La composition dura une année ; attentif aux conseils et critiques, Spontini remania chaque partie à plusieurs reprises.Après mille obstacles et intrigues qui ne prirent fin que par un ordre de la cour dont l’instigatrice fut l’impératrice Joséphine, la première représentation eut lieu à l’Opéra à Paris le 14 décembre 1807.Le jury institué par l’Empereur écrivit à propos de cette partition :« Le compositeur a eu l’avantage d’appliquer son talent à une composition intéressante et vraiment tragique. La musique a de la verve, de l’éclat, souvent de la grâce ; on y a constamment et avec raison applaudi deux grands airs d’un beau style et d’une belle expression, deux choeurs d’un caractère religieux et touchant et le finale du second acte dont l’effet est à la fois tragique et agréable ».Servi par une distribution brillante, comprenant notamment Madame Branchu en Julia, l’opéra connut près de cent représentations d’affilée. L’Institut de France le déclara « meilleur ouvrage lyrique de la décennie ».Le succès de La Vestale fut tel que son librettiste, Etienne de Jouy (plus tard librettiste de Rossini), n’a pas hésité à signer, un an après sa création, un vaudeville, La marchande de modes, parodie de La Vestale, donné au Théâtre du Vaudeville, où la jeune vestale Julia devient Julie, ouvrière dans un magasin de mode parisien.

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