Patrick Robine imite le chant de la purée ou du robinet pour raconter ses aventures folles, de Paris à la côte africaine, avec élan et lion de l’Atlas.

Le cri de la pomme de terre du Connecticut
Le cri de la pomme de terre du Connecticut © Théâtre du Rond Point

La trayeuse électrique s’emballe avec Patrick Robine au Théâtre du Rond Point. Conte magique, rêve à péripéties tendres pour réenchanter le monde.

Il déboule en robe de chambre, un balai à la main. Gros ménage à faire. Hier soir, il donnait une fête. Serpentins au sol, gueule de bois. Il se présente pour ceux qui n’étaient pas là, « Bine, Robine ». Il annonce la couleur. Naturaliste, grand interprète animalier, botaniste et imitateur forestier. Le départ est annoncé. D’abord, circuit dans la cuisine parmi les pommes de terre. Portraits détaillés des facettes de la patate, il en existe trois cent vingt espèces. Il imite la Roseval à l’étouffée ou la Belle de Fontenay. Le voyage commence. En Espagne, il rencontre un élan, alter ego qui sent le tabac. Puis les côtes africaines, les grottes de sel, un lion qui lit Barthes et les portes d’une armoire familiale qui s’ouvrent sur l’enfance.

Patrick Robine
Patrick Robine © Philippe Delacroix

Au Rond-Point, il a donné La Danse du séquoia ; Le Naturaliste ; Le Zootropiste ; La Ferme des concombres. Pouvoir d’incarnation surnaturel, Robine imite le chant de la purée Mousline ou le robinet de la salle de bain. Il a tout fait, il sait tout faire. Il a vécu en Afrique et aux États-Unis, il a été gratteur de morutiers, nez pour parfumeur ou démonstrateur de jouets. Inventeur d’expéditions, interprète de carnets de route, il invite au voyage dans les fêlures de la conscience en passant par les chutes du Zambèze. Avec son élan retrouvé, Robine embarque dans un rêve à péripéties tendres pour réenchanter nos journées fanées.

►►► Extrait

  • C’était un bel élan ; un mâle exceptionnel avec un trophée de plus de deux mètres cinquante d’envergure ! Je l’ai rencontré en Espagne à trois heures du matin… À la sortie d’une boîte de nuit : la Chorriza . Il était là, sur le parking au milieu des Harleys, il venait de faire le boeuf dans l’arrière salle, il avait l’air paumé.... Il était blanc, tout blanc avec des yeux noirs et des grandes cornes translucides, en arcopal. Je me dis il a dû se perdre, ou peutêtre a-t-il été rejeté par les siens. Il avait la goutte au nez et portait un vieux duffle-coat, il sentait le tabac… Il avait un tatouage dans l’oreille… Un numéro de téléphone au Canada…

►►► Distribution

  • mise en scène : Jean-Michel Ribes
  • de et avec Patrick Robine
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