Le Festival d'Avignon, l'une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain.

Festival d'Avigon
Festival d'Avigon © Festival d'Avigon

France Inter sera en direct du festival d'Avignon du 10 au 12 juillet pour ses magazines de l'été ainsi que pour deux enregistrements de l'émission Le Masque et la plume de Jérôme Garcin.

  • dimanche 10 juillet de 10h à 12h : Le Masque et la plume de Jérôme Garcin  (enregistrement de 2 émissions diffusées les 10 et 17 juillet à 20h)
  • lundi 11 et mardi 12 juillet de 18h à 19h : Le mag de l'été de Leïla Kaddour-Boudadi

Chaque année, Avignon devient une ville-théâtre, transformant son patrimoine architectural en divers lieux de représentation, majestueux ou étonnants, accueillant des dizaines de milliers d'amoureux du théâtre de toutes les générations.

Le programme est composé d'une trentaine de spectacles, mais aussi de lectures, d'expositions, de films et de débats, qui sont autant d'entrées dans l'univers des artistes invités. Il y a, chaque soir au Festival, une ou plusieurs "premières", qui font d'Avignon un véritable lieu de créations et d'aventures, pour les artistes comme pour les spectateurs.

On ne fait pas la révolution seul. Les grands changements, les révolutions sont toujours le fait de forces collectives favorisées par le vent de l'histoire, mais comment vivre quand ce vent se tait ? Comment vivre quand la politique est sans espoir, oublieuse de l'avenir ? Comment vivre quand les idées n'ont plus de valeur, quand le corps social est écartelé, apeuré, réduit au silence ? Comment vivre une vie digne quand la politique n'est plus que manigances politiciennes ? Quand la révolution est impossible il reste le théâtre. Les utopies y attendent des jours propices, les forces novatrices y inventent encore un demain, les voeux de paix et d'équité n'y sont pas prononcés en vain. Quand Hamlet voit l'impossibilité de la révolution, il convoque le théâtre pour y faire une révolution de théâtre qui dit que tout est encore possible, qu'il faut réanimer le désir de jours enivrés de devenirs.

C'est au théâtre que nous préservons les forces vives du changement à l'échelle de l'individu. Face au désespoir du politique, le théâtre invente un espoir politique qui n'est pas que symbolique mais exemplaire, emblématique, incarné, nécessaire. La politique est trop belle pour qu'on la laisse aux politiques quand ceux-ci n'ont plus à coeur que leurs privilèges de classe. Et le premier signe de la démission politique des politiciens est toujours le désengagement culturel. Oui la culture est inquantifiable et sa nécessité dépasse si hautement la légitimité économique qu'elle échappe aux hommes sans espoirs.

Ce désespoir politique ne nous empêche pourtant pas de croire encore dans l'avenir. Croire en l'avenir quand les forces historiques sont contraires est peut-être la meilleure définition de la culture. Car la politique n'est pas la froide gestion des réalités mais la mise en pratique de l'amour du présent et de l'autre.

Nous avons le devoir de résister et le devoir d'insister. Nous avons ce devoir pour les générations qui viennent car des cultures millénaires peuvent être anéanties en une seule génération. Insistons, l'avenir de la politique sera culturel ou ne sera pas. L'éducation c'est la culture qui commence et la culture c'est l'éducation qui continue, insistons, le lien générationnel passe par la culture et il est un des fondements de la cité. Et nous n'avons besoin d'aucun dieu si nous croyons à la transcendance dans le collectif et si nous apprenons à l'affirmer dans nos vies.

Quand Jean Vilar a imaginé un pacte entre les artistes et la république, il savait ouvrir un asile aux volontés utopiques, aux rassemblements de diversités et à l'amour des possibles.

Nous insistons, avec l'exigence intellectuelle, avec la croyance dans l'intelligence du public, dans l'engagement de l'artiste, dans la conscience du poète. Nous désirons hautement que le triste spectacle du monde et de notre impuissance trouve une contradiction sur la scène faite d'émerveillement et de courage.

La salle d'un théâtre est déjà en soi une représentation de la cité, il n'y a qu'à regarder la splendide agora de la Cour du Palais des papes pour se donner une image plus belle de notre société et y trouver architecture d'espérances. À Avignon, nous brisons la fatalité. Le public, sa ferveur, sa soif spirituelle opposent à tous les déterminismes un désir d'inconnu et d'imprescrit. Oui nous ne savons pas ce qui vient... La culture est différente de l'érudition qui croit savoir, de l'analyse matérielle qui prétend savoir et de la fausse autorité du pragmatisme qui affirme savoir.

Être politique c'est croire en l'homme. Les artistes nous donnent de bonnes raisons de croire en l'homme, ils se font la voix du peuple qui refuse un monde privé de sens et nous rappellent que l'émerveillement et l'espoir sont un choix.

Oui, nous insistons, si les puissants ne croient plus en la culture, c'est qu'ils ne croient plus à la souveraineté du peuple. Voilà ce que Jean Vilar est venu dire à Avignon et qu'inlassablement nous dirons encore lors de cette 70e édition.

Olivier Py , directeur

Quelques spectacles

Réactualisation ou recréation ? Aujourd'hui, pour les chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet , il ne s'agit plus de voir la pièce dans les mêmes dispositions que celle de 2010 du triptyque composé avec Foi et Myth . L'extension du titre en est l'incarnation : 7.16 fait autant référence aux codes des logiciels qu'aux versets d'un texte sacré, à une date contemporaine qu'au pouvoir d'une numérologie archaïque. La pièce convoque le choc des langues et des corps porteurs de différentes nationalités, la diversité et la difficulté à être dans la coexistence et confronte l'unicité à la communauté. Elle questionne notre rapport au changement où la technologie modifie constamment nos empathies et nos connexions. Babel 7.16 , tout comme la pièce originale, met en scène des danseurs qui partagent avec humour leurs héritages immuables mais en métamorphose constante. Danser cette contradiction, c'est comme explorer les mots par le corps, éviter l'écueil de l'indicible grâce au geste et à l'action.Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet

Babel 7.16
Babel 7.16 © Koe, Broos

Une collection de 13 courts métrages d'animation de 3 minutes, qui se propose d'associer poétiquement, dans la liberté artistique la plus exigeante, 13 poèmes de Prévert à l'univers graphique de jeunes réalisateurs tout juste sortis des écoles d'animation françaises.

En sortant de l'école
En sortant de l'école © Gebeka Films

Impossible d'échapper à cet exercice journalistique qu'est l'interview dans notre monde surmédiatisé. Du mensonge assumé au désarroi incontrôlable, de la connivence à l'agressivité, c'est aussi bien notre mémoire collective que notre actualité qui sont mises en scène dans cet entretien infini sur le temps présent.Conception et mise en scène Nicolas Truong avec la collaboration artistique de Nicolas Bouchaud et JudithHenry

  • Truckstop // Théâtre - Jeune public - spectacle

Une mère tenant un bar routier, sa fille fragile et un jeune camionneur paumé. Tels sont rapidement les trois personnages aux allures embourbées de ce Truckstop . Construite comme un huis clos intimiste, la pièce de l'auteure néerlandaise Lot Vekemans s'accroche à l'aujourd'hui. Effets de la mondialisation, inquiétudes liées au système, déshumanisation au travail sont le sous texte des dialogues. Arrêtés dans leurs parcours comme dans leurs pensées, les protagonistes se livrent de manière parcellaire, fragmentée.Texte de Lot Vekemans - Traduction de Monique Nagielkopf - Mise en scène par Arnaud Meunier - avec Claire Aveline, Maurin Ollès, Manon Raffaelli

Truckstop
Truckstop © Craig Colvin

L'exposition Surfaces rassemble l'ensemble des dix bas-reliefs conçus par Adel Abdessemed en 2013 et 2014, dont une grande partie n'a encore jamais été montrée au public. Avec ces oeuvres, créées sur des formats parfois amples – jusqu'à près de trois mètres – et parfois plus réduits – trente centimètres -, l'artiste entreprend de donner à voir des scènes devenues invisibles dans la société des images. Sur des matériaux nobles – le marbre de Carrare, l'or, le sel de Siwa, le marbre noir de Belgique – et sur d'autres plus courants – la gomme, le plâtre, l'aluminium – Adel Abdessemed propose la résurgence vers la surface. Exposition et programme conçus en dialogue avec Donatien Grau

Surfaces
Surfaces © Marc Domage

Régine Saint-Laurent – interprétée par l'exceptionnelle soprano québécoise Lyne Fortin – vit recluse dans son appartement depuis qu'elle a tiré un trait sur sa carrière à cause de fêlures dans la voix. Un rendez-vous fait réapparaître les démons du passé : André Letourneur , journaliste, vient l'interroger sur son parcours et son rôle fétiche, Aliénor d'Aquitaine , écrit sur mesure du temps de sa splendeur. Qui se cache derrière ce personnage de tragédie lyrique ? Marias Callas, Régine Crespin ? Inspiré par le drame intime et artistique qui guette tout chanteur, Prima Donna ne s'inspire pas seulement de personnages réels. Cet opéra écrit en français, interprété par l'Orchestre régional Avignon-Provence (sous la direction de Samuel Jean ), traite d'un sujet plus profond : la perte de la voix envisagée comme un ravage de l'identité.Conception, composition Rufus Wainwright - Vidéo Francesco Vezzoli avecCindy Sherman - Direction artistique Clo'e Floirat - Son Chris SoremPrima Donna : Chef d'orchestre Samuel Jean - Sopranos Lyne Fortin, Pauline Texier - Ténor AntonioFigueroa - avec les musiciens de l'Orchestre régional Avignon-Provence Concert : Piano, chant Rufus Wainwright

Prima donna
Prima donna © D.R.

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