Living Rooms

Quelque quarante années après sa fulgurante apparition en France avec Le Regard du sourd, Robert Wilson est le Grand invité du Louvre enpartenariat avec le Festival d'Automne . Loin de toute commémoration, cet événement organise la rencontre entre le musée par excellence et celui qui, selon Louis Aragon, « révolutionna notre regard ». Pour son intervention au Louvre, Robert Wilson a choisi le titre « Living Rooms » car il transpose au coeur du musée le lieu où il vit, travaille, conserve et partage avec artistes et public ses archives à Watermill aux Etats-Unis.L’exposition qu’il présente salle de la Chapelle rend visible ses processus de création en réunissant une sélection d’objets qui constitue la matière première de son inspiration artistique.A l’auditorium du Louvre, des performances, des rencontres et des projections proposées en sa présence dévoilent la part intime d’un artiste qui se plaît à déjouer les représentations toutes faites qu’on a de lui. Ce programme est l’occasion exceptionnelle de retrouver Robert Wilson lui-même et quelques personnalités de sa constellation artistique comme Christopher Knowles et Coco Rosie.

Watermill Center
Watermill Center © Lesley Leslie-Spinks

Living Rooms - Robert Wilson à l'Aile Sully, salle de la Chapelle du 14 novembre au 17 février

En investissant un ancien bâtiment de la Western Union, à deux heures de New York, Robert Wilson a conçu un lieu qui lui ressemble pour conserver une collection d’art, ses archives (The Robert Wilson Archives) et expérimenter sans contrainte en invitant chaque été de jeunes artistes en résidence. Les éléments qui constituent The Watermill Collection sont fascinants par leur rôle dans son processus créateur. Les oeuvres d’art océaniennes y côtoient les céramiques chinoises archaïques, les photographies contemporaines, les chaises de toutes époques et les objets trouvés.Toutes ces choses, très hétéroclites et très hétérogènes en qualité, semblent être la matière première brute que l’artiste distille ensuite.Dans l’esprit des collections surréalistes, et plus particulièrement d’André Breton, cet assemblage nous parle moins des objets que du regard de l’artiste qui les a choisis et associés. Conçue par Robert Wilson, la scénographie de l’exposition évoquera la manière dont ces oeuvres l’entourent dans sa vie quotidienne et sont une permanente source d’inspiration.

Performances à l'Auditorium du Louvre

Robert Wilson / Lecture on Nothing de John Cage les 11, 12, 13, 14 novembre à 20hAu cours de la préparation des projets pour le Louvre, Robert Wilson a souvent invoqué l’influence déterminante de John Cage. En interprétant lui-même la « Conférence sur rien » donnée par le compositeur en 1949 à New York, Robert Wilson rend hommage à « quelque chose de radicalement nouveau, un mode de pensée totalement différent, une forme de liberté totale ». Robert Wilson s’empare de ce manifeste poétique - composé plus qu’écrit - en faisant preuve d’une merveilleuse fidélité au sens de l’humour et de la dérision de John Cage.Lecture on Nothing est une commande de la RuhrTriennale

 Christopher Knowles, Time bomb
Christopher Knowles, Time bomb © The Watrmill Center Collection

Christopher Knowles / The Sundance Kid Is Beautiful le 16 novembre à 20h et le 17 novembre à 16h En 1973, Robert Wilson rencontre Christopher Knowles, un enfant autiste de quatorze ans qui bricole des collages sonores sur des bandes magnétiques. Ensemble ils créent A Letter for Queen Victoria (1974) puis le livret d’Einstein on the Beach (1976), l’opéra mythique de Robert Wilson, Philip Glass et Lucinda Childs, présenté au Théâtre du Châtelet du 8 au 12 janvier 2014.Christopher Knowles est aujourd’hui un artiste reconnu pour ses créations plastiques (acquises notamment par le MoMA à New York) et ses performances où le langage se déploie de façon répétitive comme une partition sonore minimaliste.CocoRosie / Concert-performance le 4 décembre à 19h et 21h Toujours en sympathie avec la musique de son temps, Robert Wilson vient de collaborer avec CocoRosie pour sa nouvelle création avec le Berliner Ensemble, Peter Pan (présentée au Théâtre de la Ville du 6 au 23 novembre 2013). Ce duo américain de psychéfolk formé en 2003 par les soeurs Bianca (« Coco ») et Sierra (« Rosie ») Casady fabrique une musique mêlant chant lyrique, gospel et pop. A mi-chemin entre concert et performance, elles créent au Louvre une formule musicale et visuelle qui restitue de façon inédite la magie de leur rencontre avec l’univers artistique de Robert Wilson.

Archives filmées / Robert Wilson : vers un art total ? à l'l’Auditorium du Louvre

Life and Death of Marina Abramovic
Life and Death of Marina Abramovic © Lucie Jansch

Life & Death of Marina Abramovic - Documentaire de Giada Colagrande (2012 ; 58 min) le 22 novembre à 17h La grande artiste serbe Marina Abramovic vint un jour demander à Robert Wilson de filmer ses funérailles. De là est né un projet biographique qui a donné lieu à un des spectacles les plus forts créés par Wilson ces dernières années. Inédit en France, ce documentaire met en évidence l’originalité du travail de Wilson avec des interprètes des provenances les plus diverses : Marina Abramovic elle-même, l’acteur américain Willem Dafoe, le chanteur Antony Hegarty (leader du groupe Antony and the Johnson). En présence de la réalisatrice et de Willem DafoeRencontre avec Robert Wilson le 22 novembre à 20h Robert Wilson commente son parcours créatif à partir d’un ensemble d’archives rares réunies à l’occasion de sa venue au musée du Louvre. Théâtre, opéra, chorégraphie, Video Art, performances…tous les arts qu’il a arpentés ont été marqués par sa vision radicale de la scène.La Walkyrie de Richard Wagner - Dir.: Christophe Eschenbach - Mise en scène et lumières : Robert WilsonAvec Peter Seiffert, Stephen Milling, Jukka Rasilainen, Linda Watson. le 23 novembre à 15h Le travail de Robert Wilson a profondément modifié notre regard sur l’opéra. C’est particulièrement vrai s’agissant d’un des piliers du répertoire, la Tétralogie de Richard Wagner. A l’occasion de cet hommage, le Louvre propose un document rare sur l’art de Robert Wilson metteur en scène d’opéra : une captation intégrale inédite réalisée par Philippe Béziat de La Walkyrie présentée au Théâtre du Châtelet en 2006.De Vidéo 50 aux Vidéo Portraits : la création vidéo de Robert Wilson. Le 24 novembre à 15h Dès la fin des années 1970, Robert Wilson a perçu le potentiel artistique de la vidéo. Le metteur en scène américain a développé, parallèlement à son travail scénique, une conception originale du Video Art. Cette séance permettra de découvrir des documents rares comme cette vidéo réalisée par Robert Wilson à partir d’un extrait de son spectacle Le Regard du sourd et permettra de mettre en évidence l’unité de son univers esthétique, de la scène à l’écran......

Watermill Center
Watermill Center © Lesley Leslie-Spinks

Faces à Faces, rencontre d’art contemporain

A propos de Paul Thek (1933-1988) le 18 novembre à 20hAvec Robert Wilson et Elisabeth Sussman, conservateur au Whitney Museum of American Art de New York. L’oeuvre très singulière de Paul Thek, figure de la scène newyorkaise alternative des années 1960, est l’une des références les plus importantes de Robert Wilson dans le domaine des arts visuels.Une poétique inversée du minimalisme se déploie dans son travail, comme dans sa célèbre série de Reliquaires technologiques de 1964 -1967, basée sur la rencontre de cires anatomiques humaines et de matériaux industriels raffinés. En conversation avec Elisabeth Sussman, l’une des commissaires de la récente rétrospective de l’artiste, Robert Wilson évoque les passages entre leurs mondes plastiques et scéniques respectifs.

Œuvre en scène

Pierre Révoil (1776-1842), artiste collectionneur et la bourguignotte d’Henri II le 27 novembre à 12h30 Avec Philippe Malgouyres, conservateur au département des Objets d’art du musée du Louvre.Cet exceptionnel casque à l’antique, produit à Milan par Giovanni Paolo Negroli (ca. 1513-1569) pour le roi de France nous est parvenu grâce à Pierre Révoil, peintre d’histoire et collectionneur.Le « cabinet de gothicités » qu’il assembla à Lyon au début du XIXe siècle fut acquis pour le musée du Louvre en 1828 : meubles, majoliques, étoffes, armes et objets de toutes sortes constituèrent l’un des premiers fonds du département des Objets d’art. Mais ces objets accumulés par l’artiste lui servaient surtout à composer autour de lui l’atmosphère propice pour créer. C’est autour de cettebourguignotte au destin singulier que sera évoquée la relation particulière de l’artiste à sa collection, en écho à l’exposition

Lecture on Nothing de John Cage
Lecture on Nothing de John Cage © Wonge Bergmann für die Ruhrtriennale
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