Pour la scène, Ostermeier adapte un film de Fassbinder qui brosse un portrait féroce de l’Allemagne d’après-guerre.

Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville
Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville © Arno Declair

L’histoire commence alors que l’Allemagne s’enfonce dans la déroute, s’achève alors que la RFA se voit sacrée championne du monde de foot. L’histoire de Maria Braun , qui se marie à la va-vite, se croit veuve, prend un amant américain, le tue par mégarde, laisse son époux, revenu vivant, se faire condamner à sa place, se partage entre ses visites au prisonnier et ses activités d’entraîneuse pour les forces d’occupation. À travers ce mélo féroce, forme que Fassbinder manipule en virtuose, à travers cette femme, il désigne une société qui, pour oublier ses crimes et sa défaite, cherche avidement le confort qu’offre l’argent. Thomas Ostermeier adapte avec bonheur, prend à son compte ce film, qui cogne sur ce que lui-même dénonce et combat. Sans indulgence ni mépris pour les personnages, il pointe leurs lâchetés, leur égoïsme. Et le désarroi de ceux qui, pour avoir trop longtemps causé et frôlé les désastres, ne vivent plus que l’instant. Une génération le sépare de Fassbinder , mais ils sont frères.Colette Godard pour le Théâtre de la Ville

Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville
Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville © Arno Declair

Distribution

d’après l’œuvre originale de Rainer Werner Fassbinder texte du scénario Peter Märthesheimer, Pea Fröhlich mise en scène Thomas Ostermeier scénographie Nina Wetzel costumes Ulrike Gutbrod, Nina Wetzel dramaturgie Julia Lochte, Florian Borchmeyer musique Nils Ostendorf vidéo Sébastien Dupouey avec Thomas Bading, Robert Beyer, Moritz Gottwald, Ursina Lardi et Sebastian Schwarz Une production Münchner Kammerspiele , presenté par la Schaubühne Berlin En allemand, surtitré en français

Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville
Le mariage de Maria Braun au Théâtre de la Ville © Arno Declair

Aller plus loin

Thomas Ostermeier dans Studio Théâtre de Laure Adler (31/01/14)

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