Le 3 mai, à Chaillot, dans ce théâtre où il passa des journées et des soirs, Gérard Philipe revivra, le temps d'un hommage. Dès 19h30, un documentaire sera projeté, des lectures de sa correspondance avec le patron du TNP, Jean Vilar, seront lus par plusieurs comédiens, des témoignages se succèderont (Jeanne Moreau, Michel Bouquet, Gina Lollobridgida...) sur la vaste scène de ce théâtre qui vit une troupe de comédiens se battre et suer sang et eau pour apporter à tous les publics la connaissance et le goût du répertoire. L'un des regrets concernant Gérard Philipe, mort le 25 novembre 59, c'est qu'il n'ait pas joué "Hamlet" sous la direction de Peter Brook. Il en était question. L'acteur avait l'intention de l'interpréter d'une manière moins classique que ses rôles précédents. Il existe d'ailleurs un enregistrement court mais passionnant de l'acteur lisant un extrait de "Hamlet", l'année de sa mort. Il existe sur le disque inséré dans le catalogue "Gérard Philipe" édité par la BNF. Il n'a plus cette diction surannée qu'on lui connaît mais parle avec une modernité inédite. Si le souvenir du comédien vous émeut, il est question de lui dans le livre que consacre à sa femme, Anne Philipe, la romancière Pierrette Fleutiaux, "Bonjour, Anne", chez Actes Sud. Pierrette Fleutiaux retrace l'amitié qu'elle portait à son éditrice de plus de vingt ans son aînée. On y découvre une femme brillante, curieuse (elle fut ethnologue avant d'être écrivain), ferme (elle avait les coups de griffe d'un chat), amoureuse de la vie et curieuse de ses contemporains. Une femme élégante qui ne cultivait aucun goût pour le malheur. Une femme digne, peut-être même un exemple.

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