a pièce:

Retrouvez Michel Aumont, entouré d’une distribution prestigieuse, dans le Roi Lear revisité par Jean-Luc Revol. Une véritable plongée dans les années 30 ! Nous sommes à l’aube des événements de 1929. Dans un monde encore insouciant et léger, Lear décide d’abandonner son empire et de le redistribuer entre ses trois filles. Mais le refus de Cordélia, la plus jeune, entraînera sa colère et son propre déclin. Tandis que les deux autres se déchirent pour sa fortune, l’isolant de ses amis et finissant par le jeter dehors, seul sur la lande, accompagné de son fou, il plongera de plus en plus dans la folie. Ici, Lear est représenté sous les traits d’un grand nabab du cinéma. Quand il commencera à perdre la raison, il nous entraînera dans ses visions d’un monde transfiguré, nous racontant son histoire par le prisme déformé des fantômes et des artifices cinématographiques. Quand Cordélia reviendra, il sera trop tard. Le mot « fin » se sera irrémédiablement inscrit pour le vieux Lear.

Ce qu’en dit le metteur en scène:

L’action se situe à la veille de la crise de 1929. Un monde va basculer. Lear est à la tête d’un empire cinématographique qu’il va morceler pour ses filles. Tel un Zanuck omnipotent, il va passer les rênes du pouvoir sans pour autant y renoncer complètement. Lear est le portrait d’un homme au crépuscule de sa vie dans une société sclérosée. Bien sûr, on peut le trouver colérique, acariâtre et injuste. Mais c’est plutôt le monde qui l’entoure qui est a bout de souffle. La corruption règne, les valeurs sont bafouées, l’homme est un loup pour son frère. Lear est vieux et malade. On ne nomme pas encore cela « folie », mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Sinon, comment expliquer la scène du reniement de Cordélia. Oui, Lear est déjà fou. Simplement, en abandonnant son pouvoir, ce que l’on ne voulait pas voir, va devenir le levier de sa perte. C’est dans ce climat explosif de 1929 aux Etats-Unis, (certains, ruinés, deviendront fous ou se suicideront pour échapper à la honte et la disgrâce), que se déroule l’action. À partir du moment où la folie de Lear sera manifeste, tous les protagonistes joueront l’histoire de Lear, utilisant tous les artifices du cinéma de l‘époque pour cela, sans que l’on sache si nous sommes dans la réalité où dans la tête de Lear (comme dans le Fellini de « 8 et demi »). Le théâtre va se transformer alors en un immense plateau de tournage où les personnages vont nous jouer l’histoire de Lear, utilisant toiles peintes, pans de décors ou mélange de costumes. Tout se construira et de décomposera autour de Lear, comme autant de plateaux de tournages éphémères. De ce ballet du « faux » naîtra l’histoire poignante de cet homme détruit dont la recherche effrénée de l’amour et du pouvoir provoquera la perte. Nous ferons plutôt référence à Fritz Lang (période allemande), à Marcel L’Herbier (« L’argent » n’est pas loin), et bien sur à Fellini, son mélange de faux/vrai (« Intervista »), sa poésie, et ses visions labyrinthiques (« 8 et demi »). Les références au noir et blanc seront également nombreuses au travers de clowns célestes, (Keaton …Loyd…), qui trouveront leurs résonances au travers du personnage du fou. Le spectacle avancera d’ailleurs de l’obscurité à la lumière et se colorera au fur et à mesure, passant du noir à blanc à la couleur. À la fin, quand Lear sera mort, les projecteurs et les lampes à arc pourront s’éteindre. Une époque sera passée laissant présager le pire, et du noir et blanc s’annoncera doucement la couleur. Jean-Luc Revol, metteur en scène

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