Il y avait dans un pays imaginaire un vieux roi qui croyait tenir dans son poing un pouvoir éternel.Puis un jour, tout bascule dans l’anarchie et dans l’horreur. Le roi doit alors accepter l’inéluctable, le grand rendez-vous avec la mort. Mais va-t-il mourir ?

Une pièce d'Eugène Ionesco avec Michel Bouquet, Juliette Carré dans une mise en scène de Georges Werler

L’obsession Ionesco

Michel Bouquet dans le roi se meurt
Michel Bouquet dans le roi se meurt © Bruno Couderc

Depuis que nous avons abordé en 1993 notre premier travail sur « Le Roi se meurt » nous n’avons jamais cessé de nous interroger sur l’oeuvre de cet immense dramaturge. Et pourtant nous avons mis un an avant de prendre la décision de monter la pièce. De nombreuses lectures en tête à tête. L’oeuvre attirait Michel et il la craignait tant le personnage de Béranger 1er lui semblait proche et pourtant inatteignable dans son mystère.Chaque fois que nous l’avons reprise, et c’est aujourd’hui la quatrième, nous avons toujours ressenti la nécessité de repasser par l’innocence et la découverte. C’est comme si nous avions tous les deux besoin de revenir physiquement à cette réflexion métaphysique de la vie et de la mort et du rituel par lequel le personnage doit passer et comme chacun de nous devra le faire. C’est avec une certaine « souffrance heureuse » que nous constations combien Béranger 1er s’amusait de nous en nous faisant croire que nous avions enfin pénétré dans le royaume de l’impénétrable . Facétie de Ionesco dont nous ne pourrons jamais effacer de nos mémoires le sourire si généreux avec lequel il nous accueillait à chacune de nos visites.Il est parti en nous laissant aussi démunis mais pleins d’une éternelle reconnaissance. Et nous nous remettons aujourd’hui sur le métier à nouveau remplis d’un fol espoir.Georges Werler

Mon chéri, mon Roi, il n'y a pas de passé, il n'y a pas de futur. Dis-le-toi, il y a un présent jusqu'au bout, tout est présent; sois présent. Sois présent. Eugène Ionesco, Le Roi se meurt

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