Valérie Lemercier investit un nouveau lieu à Paris, le Palace, enfin rénové. Retour aux sources pour cette salle de spectacle des années 30 qui devint, dans les années 80, un haut lieu branché parisien où l'on venait danser, boire, sniffer ou simplement se faire photographier. Une belle salle qui descend vers la scène, mais dont la décoration sonne faux et clinquant, dommage.Dans "Valérie Lemercier au Palace", la comédienne assure le service minimum et on lui en veut un peu. Combien de sketchs déja vus? Certes, ils sont formidables. Comme cette campagnarde qui commente l'énième suicide raté de sa jeune voisine dépressive. "Cinéma! Trainée!" hurle-t-elle, indifférente à la tragédie, en s'essuyant les mains dans le tablier. Il n'y a que Lemercier pour observer ainsi ses contemporains sans craindre l'excès, le cru, le trash même, mais en parvenant à croquer une humanité authentique. Solitude, obsession du sexe, mesquinerie, snobisme... De noir vétu, il lui suffit de jouer d'un tissu rouge pour camper le personnage, tablier de la normande, doudou que la petite fille d'une psychanalyste triture nerveusement, écharpe de la bourgeoise...Mais la présence sur scène de valérie Lemercier est tellement rare qu'on aimerait un renouvellement total, et ce n'est pas le cas. Quatre ou cinq nouveaux sketches (mention spéciale à la mère de famille bourgeoise qui hurle après ses enfants (Enguerand, Albéric...) parce que leur chambre ressemble à une "porcherie 5 étoiles". Plusieurs sketchs évoquent des noms de vedettes de la télé (Patrick Sébastien en échangiste, Jean- Loup Dabadie bronzé comme de la terre battue de Roland Garros), et ce "name droping" comme on dit quand on est à la mode sonne un peu parisien. Bref, si vous avez vu Lemercier, son retour en scène n'est pas indispensable (on a le droit d'être exigeant avec une artiste et un auteur de son niveau). En revanche, si vous avez raté son dernier one woman show il y a 6 ans et si vous souhaitez découvrir son humour et son incroyable aisance sur scène, vous ne devez pas hésiter : allez rire au Palace, pour 39 ou 60 euros.

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Val © Radio France
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