Mise en scène Macha Makeïeff avec Romuald Bruneau, Braulio Do Nascimento Bandeira, Noëlie Giraud, Robert Horn, Hervé Lassïnce, Canaan Marguerite, Aurélien Mussard, Philippe Borecek.

Savoir à quel moment c’est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude. Rilke

**Nickelodeon***

Dans le chaos d’un ancien music-hall dévasté une bande d’artistes égarés et mordants réapparaissent et cherchent à refaire le spectacle malgré les lieux menaçants. Ils ont traversé l’océan et savent un âge d’or perdu. Maladroits ou virtuoses, ils vont dans la loge rêver de ce qui n’est plus, entre scène des Variétés et cinéma muet. Avec quelques accessoires d’une belle époque et des malles de costumes brillants, dans une lumière d’embarcadère, ils vont célébrer la violence et la beauté des voyous et de la rue fascinante qu’ils ont quittés. Affrontements des genres qui se mêlent, se déplacent. Acrobates, danseurs, chanteurs et comédiens, étonnants et drôles, ils mettent en place le ring, la piste, et entrent en scène comme pour la dernière fois. Macha Makeïeff * Nickelodeon est l'ancêtre du cinéma, ou le prix d'entrée était de quelques nickels. Ce lieu populaire où l'on a présenté les tout premiers films de quelques minutes.

Joyeux Fantômes

Pour ce scénario avant tout visuel et rhapsodique, avec loges, rideau, piste et campement, j’ai pensé aux étonnements de Colette, celle de La Vagabonde et de L’Envers du music-hall, aux accents de rue des Enfants du paradis et de Casque d’Or, aux rires provocants d’Yvette Guilbert, mais aussi aux Dada et aux extravagants, à la Revue Nègre, à Steven Arnold, à la machinerie infernale du musichall, aux fantômes obsédants du cinéma muet, au tangage idéal de Opening Night.Entrées en scène frénétiques, rituels de l’avant spectacle, solitudes des longues tournées, pantomimes infatigables. Je me suis rappelé, pour dire la scène comme déclassement dangereux et sublime, quelques grandes figures féminines : Mireille Havey, Claude Cahun ou Marguerite Moreno qui m’accompagnent depuis longtemps. Dire ces jeunes voyous aux allures de dandy, ultraviolents et joueurs, souteneurs et filles perdues, dans le regard des artistes fascinés.La scène et la rue, ces deux théâtres qui s’observent et s’imitent. Un peu de gloire et beaucoup d’abandon. Destin d’artiste ou de voyou. Du pareil au même, l’un mimant l’autre. J’ai collecté des péripéties musicales et toutes sortes de bruits de théâtres disparus, de gares, de salles d’attente, d’embarcadères ; la rumeur du début du XXème siècle quand le cinéma se taisait. J’ai réuni une troupe de personnages fragiles et fantasques dans un lieu dévasté par l’Histoire ou par l’indifférence. Avec pour première règle la fantaisie et l’amour des acteurs.Macha Makeïeff

Les apaches
Les apaches © Simon Wallon.

De l’origine des Apaches

Amélie Elie, prostituée de son état, dite «Casque d’or », fut au centre d’une lutte sanglante entre deuxbandes rivales en janvier 1902, celle deLeca et celle de Manda . Ce fait divers est à l’origine de l’expression « Apache » attribuée aux malfrats parisiens . En effet Arthur Dupin, journaliste, relate dans « Le Petit Journal » le violent combat entre les deux souteneurs et leur bande : « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! »Il est vrai qu’à cette époque, les Apaches d’Amérique du Nord sont bien connus de la population française grâce notamment à la presse qui abreuve le lecteur de récits réels ou imaginaires en provenance du lointain Far West, récits souvent déformés et grossis, empreints de brutalités et de faits sanglants !Ragazzi, nervis, irréguliers, sauvageons, ces jeunes voyous sont passés comme figures pittoresques dans l’imaginaire collectif du début du XXe siècle, après avoir disparu très tôt au bagne, par la guillotine, à la conscription.

La tournée

Les apaches
Les apaches © Simon Wallon

Théâtre du Vellein (Villefontaine) du 4 au 6 avrilThéâtre Anne de Bretagne (Vannes) le 27 avrilLes Atlantes (Les Sables d’Olonne) les 4 et 5 maiMaison des Arts de Créteil du 24 au 26 maiThéâtre des Bouffes du Nord (Paris) décembre

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.