Une vertigineuse fresque politique et philosophique, dans l’intention de dresser, entre révolution et spiritualité, une dialectique du rire et de l’effroi.

Les Démons de Sylvain Creuzevault
Les Démons de Sylvain Creuzevault © DR Compagnie

Dostoïevski avait d’abord conçu Les Démons comme une œuvre de dénonciation et de combat, mais son génie  visionnaire l’emporte. Le roman devait faire l’autopsie d’un certain nihilisme révolutionnaire débouchant sur le  terrorisme. 

Au bout de trois ans d’écriture, toutes les figures de cette intrigue foisonnante, qu’elles soient  conservatrices ou progressistes, ont conquis leur part d’ombre et leur épaisseur propre. Ce qui aurait pu n’être  qu’une satire politique devint ainsi un chef-d’œuvre d’écriture plurielle : à la fois feuilleton au long cours  et plongée hallucinée dans les ténèbres intérieures. 

Cette puissance d’une “mise en dialogue” généralisée, ici  prise en charge par une distribution brillante, est au cœur du projet de Sylvain Creuzevault, qui poursuit son  exploration (commencée en 2009 avec Notre terreur) des turbulences provoquées par l’invention moderne du  politique, entre sacre de l’individu et toute-puissance du social. 

Les Démons
Les Démons / © DR Compagnie

L’énergie de la représentation Les Démons  à Odéon Théâtre de l'Europenaîtra de la  tension entre deux pôles : la pluralité des voix et des corps en débat ; l’intimité du sujet refermé sur ses  propres penchants, et tenté par les vertiges de la mystique ou de la folie. 

Pour donner forme à cette tension,  Creuzevault et ses amis resteront fidèles à leur processus de création : s’imprégner de connaissances,  s’approprier la masse textuelle, puis “improviser, encore et toujours, jusqu’au moment où le spectacle  apparaît.” 

... vous, vous préféreriez rester plutôt avec le Christ qu’avec la vérité ? Vous l’avez dit, ça ? Vous l’avez  dit ? 

Fédor Dostoïevski : Les Démons (trad. André Markowicz

Source Odéon Théâtre de l'Europe 

Les Démons Sylvain Creuzevault
Les Démons Sylvain Creuzevault / © DR Compagnie

►►► Distribution 

  • traduction française André Markowicz adaptation Sylvain Creuzevault scénographie Jean-Baptiste Bellon 
  • avec Nicolas Bouchaud, Valérie Dréville, Vladislav Galard, Michèle Goddet, Arthur Igual, Sava Lolov, Léo-Antonin  Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Blanche Ripoche, Anne-Laure Tondu 
  • production Le Singe 
  • coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, Festival d’Automne à Paris, Scène nationale Brive  Tulle, TAP – Scène nationale de Poitiers, TnBA Théâtre national Bordeaux en Aquitaine, Théâtre de Lorient Centre  dramatique national, Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées, La Criée – Théâtre National de Marseille
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