Chorégraphie, Maguy Marin avec Françoise LeickCap au Pire est la traduction d’un texte de Samuel Beckett écrit en 1982 et publié en anglais sous le titre de Worstward Ho. « Encore » est le premier mot de cet ouvrage : « Encore.Dire encore… Tant mal que pis encore… ». Essayer jusqu’au bord de l’épuisement. À la manière d’une plainte lancinante, d’un ressassement, les mots de Beckett peinent à dire ce qu’ils cherchent. Butent. Empirent. Se font et se défont en vagues successives… À mille lieues des récits qui s’appuient sur une histoire, des personnages et des situations, ceux de l’auteur irlandais proviennent d’une autre région : littérature à l’état d’épuisement, mise en mots de l’exténuation, mise en crise des personnages… pensée du désespoir?Cap au Pire est un vaste monologue , un texte à une voix nue qui chemine dans l’obscurité, entre balbutiements et halètements, au rythme d’un chant très pur. Rester là. Là encore. Sans bouger. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. D’abord le corps. Non. D’abord le lieu…

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