Planchon est mort. Son cœur a lâché. Il était en train de lire tranquillement sa nouvelle pièce sur Sade, à un ami. Il avait 77 ans.Il y a deux mois, en grande forme, il m'ouvrait les portes de son appartement pour évoquer les livres de sa vie (rediffusion ce vendredi 15 mai, à 9h11). Autodidacte, Roger Planchon lisait depuis qu'un professeur avait glissé en lui le virus de la lecture, nécessaire pour vivre debout. Depuis l'âge de quinze ans, il lisait "tout", jamais "un peu". Tout Nietzsche, tout Stendhal, tout Brecht, tout Ionesco. Sur la moquette de son bureau, des feuillets épars. Deux textes pour une pièce qu'il était alors en train d'écrire sur le marquis de Sade. Planchon avait défendu toute sa vie un théâtre de service public, il avait joué, mis en scène, en province, à Villeurbanne, surtout, dans son théâtre national populaire. Il s'était battu pour que le théâtre soit subventionné et disait il y a encore un mois qu'il avait un plan en tête pour relancer la culture. Les comédiens étaient tous marqués par sa direction d'acteurs, précise, intelligente. Certains conseils étaient obscurs, puis, avec l'expérience, s'éclaircissaient. Des années après, les mots de Planchon résonnent encore en eux. Zabou Breitman, par exemple, rappelle ces conseils de Planchon, quand il jugeait que l'acteur pouvait mieux faire. Il disait: "Ca n'est pas encore passé au coeur!" La comédienne ajoute : "Roger, c'était la recherche, la seule, vraiment pour les acteurs : la compréhension physique des sentiments".Vous pouvez réécouter la visite de sa bibliothèque qui date de février dernier en cliquant sur le lien ci-dessous.

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