Après "Je disparais", "Tage Unter", "Rien de moi", Stéphane Braunschweig adapte l’univers dramatique d’Arne Lygre pour la quatrième fois.

Nous pour un moment - Glenn Marausse et Cécile Coustillac
Nous pour un moment - Glenn Marausse et Cécile Coustillac © E Carrechio

Dans Nous pour un moment se croisent une vingtaine de personnages, en six séquences toujours plus brèves. Arne Lygre – un des plus inventifs dramaturges d’aujourd’hui – les définit avant tout par leurs relations : face à l’autre ils sont tour à tour “amis”, “connaissances”, “inconnus” ou “ennemis”. 

Au gré de leurs rencontres et de leurs élans, d’une scène à l’autre, leur place change sur l’échiquier relationnel. Mais toutes ces relations sont vouées à s’interrompre, à n’exister que “pour un moment”. Sans doute, comme le note Stéphane Braunschweig, parce que l’autre est toujours perçu à la fois comme un besoin – échapper à la solitude – et comme une menace – perdre son autonomie. 

Stéphane Braunschweig se passionne pour l’écriture à la fois simple et subtile d’Arne Lygre, qui explore de façon souvent ludique l’instabilité contemporaine des relations et des identités. Il déploie ce théâtre dans de grands espaces poétiques, afin de lui donner toute sa dimension existentielle : « Avec sa façon si troublante d’avancer pas à pas dans l’inconnu, de faire naître la fiction sous nos yeux, d’inventer et de dissiper des rencontres, l’œuvre de Lygre semble épouser la précarité et l’incertitude de nos vies. » 

Extrait 

  • Une personne : Je veux rester ici. Près de celle qui est encore en vie. Et puis quand elle se réveillera, je pourrai dire que je suis resté tout le temps assis ici. C’est la première chose qu’elle m’a dite, quand je lui ai parlé de ne plus être ensemble. J’ai peur que personne ne soit là pour moi s’il devait se passer quelque chose. Il s’est passé quelque chose. Et je suis là. 
  • Un ami : Moi aussi. Si tu as besoin de compagnie. 
  • Une personne : Je ne sais pas. Je crois que j’ai besoin d’être seul. Sans me soucier de savoir si tu as envie d’être là ou pas, sans avoir à te prendre en considération, ou plus exactement sans avoir même à penser, est-ce que je dois le prendre en considération, laisser ça m’occuper la tête maintenant, quand je ne veux consacrer du temps qu’à elle. 
  • Un ami : Je peux m’en aller. 
  • Une personne : Tu es un vrai ami. 

Arne Lygre : Nous pour un moment, traduit du norvégien par Stéphane Braunschweig et Astrid Schenka texte à paraître (en un volume avec Moi Proche) chez L’Arche éditeur en novembre 2019

►►► Distribution

  • d’Arne Lygre 
  • mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig 
  • avec Anne Cantineau, Virginie Colemyn, Cécile Coustillac, Glenn Marausse, Pierric Plathier, Chloé Réjon, Jean-Philippe Vidal 
  • Mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig 
  • Traduction française Stéphane Braunschweig, Astrid Schenka 
  • Collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou 
  • Costumes Thibault Vancraenenbroeck 
  • Lumière Marion Hewlett 
  • Son Xavier Jacquot 
  • Maquillages / coiffures Karine Guillem 
  • Assistanat à la mise en scène Yannaï Plettener

Source Théâtre de l’Europe Odéon

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