Un théâtre de la condition humaine

Oh les beaux jours
Oh les beaux jours © DR Philippe Vialatte

Winnie, femme dans « la cinquantaine, de beaux restes, blonde de préférence, grassouillette » et Willie son mari, invisible du public la plupart du temps. 

Elle monologue, s’adresse à lui :

Encore une journée divine. Jésus-Christ Amen. Siècle des siècles Amen. Commence, Winnie. Commence ta journée, Winnie. Hou-ou ! Hou-ou ! Pauvre Willie – enfin – rien à faire – petit malheur – encore un – sans remède – aucun remède – pauvre cher Willie – bon sang ! – bon Dieu ! – enfin – pas pis – pas mieux, pas pis – pas de changement – pas de douleur – presque pas –  ça qui est merveilleux – rien de tel – pure… quoi – quoi ?

Elle manipule les accessoires qu’elle retire de son sac, faisant durer le temps qui passe. Chaque geste, chaque parole est un combat pour parer à tout prix l’angoisse du vide.

« Quand j’ai monté pour la première fois la pièce de Samuel Beckett Happy Days avec ma femme Natasha Parry à Lausanne, Chloé Obolensky a fait un décor qui suivait à la lettre les indications scéniques, que j’ai moi-même suivies à la lettre dans la mise en scène.

Puis j’ai monté une version allemande avec Miriam Goldschmidt et j’ai découvert un jour que nous pouvions lire la pièce à la table, tout en la jouant et en lisant à haute voix les indications scéniques magnifiquement écrites par l’auteur. C’était une révélation : tout trouvait sa place, et le rôle du mari, confiné habituellement dans le bas du décor, prenait une forme exceptionnelle car c’était à lui qu’incombait la tâche de lire ces magnifiques indications. Il devenait un narrateur, personnage aussi central que sa femme. Et tout était limpide, clair, touchant.

C’est cette version « à la table » de Oh les beaux jours que nous voulons faire revivre aujourd’hui aux Bouffes du Nord accompagnés de deux merveilleux acteurs Kathryn Hunter et Marcello Magni. »

Peter Brook

►►► Distribution

  • De Samuel Beckett
  • Une lecture conçue par Peter Brook et Marie-Hélène Estienne
  • Avec Kathryn Hunter et Marcello Magni
  • Production C.I.C.T – Théâtre des Bouffes du Nord