On peut lire ici et là que la mise en scène de Catherine Hiégel ne fera pas date. Comment affirmer un tel propos ? Nous, spectateurs, savons déja qu'il restera en nous des images gravées pour toujours de cet Avare incarné par Denis Podalydès . Les images d'un petit Harpagon en noir, le vêtement près du corps comme lui est près de ses sous, un affreux tyran dénué d'amour et de morale qui traverse un vaste escalier à petits pas pressés . Unique décor de la pièce, l'entresol est vide . La famille vit là, au gré de la monomanie de ce père infâme qui distribue son argent avec parcimonie, quand il le distribue . On voit fils et fille, domestique et visiteurs faire l'aumône d'une pièce autant que d'un geste d'amour . Denis Podalydès, remarquable (comme l'est Frosine la manipulatrice, Dominique Constanza) a le visage poudré, il inquiète, il terrifie . Même sa propre image semble lui faire peur quand il se mire dans une glace défraîchie . La pièce comique est tirée vers le noir . Elle glace le sang et elle passionne . A voir d'urgence, même s'il faut de la patience, c'est vrai, pour obtenir des places à la Comédie Française .

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VJ © Radio France
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