de Jean Racine mise en scène Christophe Rauck dramaturgie Leslie Six scénographie Aurélie Thomas avec :Camille Cobbi Aricie, princesse du sang royal d'AthènesCécile Garcia Fogel Phèdre, femme de Thésée, fille de Minos et de PasiphaéFlore Lefebvre des Noëttes Ismène, confidente d'AricieNada Strancar OEnone, nourrice et confidente de PhèdrePierre-François Garel Hippolyte, fils de Thésée et d’AntiopeJulien Roy Théramène, gouverneur d'HippolyteOlivier Werner Thésée, fils d’Égée, roi d’Athènes

Une tragédie en cinq actes et en vers

Thésée, roi d’Athènes, tarde à rentrer de son dernier périple. Phèdre, son épouse, qui l’attend à Trézène, ville du Péloponnèse, est rongée par un mal étrange et dit vouloir mourir. Hippolyte son beau-fils, qu’elle malmène depuis plusieurs années, est sur le départ car il révèle à Théramène son gouverneur, qu’il aime Aricie, la fille et la soeur des ennemis mortels de son père. OEnone, la nourrice et confidente, presse Phèdre de s’exprimer sur sa souffrance et alors qu’on donne Thésée pour mort, Phèdre lui dévoile enfin qu’elle brûle pour Hippolyte. Mais la rumeur était trompeuse, Thésée revient finalement de son lointain voyage. OEnone pour présever la vie et l’honneur de sa maîtresse, conseille à Phèdre de calomnier Hippolyte et de le rendre, aux yeux de son père, responsable et instigateur de cet amour coupable. Furieux et trompé, Thésée invoque la vengeance des Dieux et la mort de son fils. Pour préserver l’honneur de son père et ne pas accabler Phèdre davantage, Hippolyte préfère choisir le chemin de l’exil.

Photo de répétitions
Photo de répétitions © Anne Nordmann

Il convainc Aricie de le rejoindre bientôt pour sceller leur union loin du couroux de son père et des calomnies de sa belle-mère. Les Dieux ont entendu Thésée et tuent Hippolyte. Phèdre révèle à son époux l’innocence de son fils puis se donne la mort. Thésée perçoit l’horreur de son aveuglement et pour expier sa faute, malgré la haine qu’il voue à sa famille, il décide de reconnaître l’amante de son fils, Aricie, comme sa propre fille.« Puisant à la source tumultueuse de la mythologie grecque (l’amour condamnable de Phèdre pour son beau-fils Hippolyte), Phèdre est un exemple parfait de tragédie classique . Il y est question d’âmes déchirées, de corps fiévreux, de monstruosité et de sauvagerie ; mais la langue est superbe, d’une pureté ineffable.Depuis Le Mariage de Figaro mis en scène à la Comédie-Française en 2007, les oeuvres du répertoire français me fascinent. Après Marivaux et Les Serments indiscrets, aborder Racine me permet de mener plus loin cette recherche dans la forme la plus classique de son écriture : l’alexandrin. Il y a chez l’auteur la même rigueur et la même justesse que celle d’un Monteverdi quand il met en musique, quelques décennies plus tôt, les relations entre ses personnages ; cette volonté d’être au plus près des passions humaines, qui mène à l’épure des alexandrins pour l’un, et à l’invention de l’opéra pour l’autre. »Christophe Rauck, metteur en scène

Photo de répétitions
Photo de répétitions © Anne Nordmann

« Voici encore une tragédie dont le sujet est pris d'Euripide. Quoique j'aie suivi une route un peu différente de celle de cet auteur pour la conduite de l'action, je n'ai pas laissé d'enrichir ma pièce de tout ce qui m'a paru le plus éclatant dans la sienne.Quand je ne lui devrais que la seule idée du caractère de Phèdre, je pourrais dire que je lui dois ce que j'ai peut−être mis de plus raisonnable sur le théâtre. Je ne suis point étonné que ce caractère ait eu un succès si heureux du temps d'Euripide, et qu'il ait encore si bien réussi dans notre siècle, puisqu'il a toutes les qualités qu'Aristote demande dans le héros de la tragédie, et qui sont propres à exciter la compassion et la terreur. En effet, Phèdre n'est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente. Elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime, dont elle a horreur toute la première. Elle fait tous ses efforts pour la surmonter. Elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne, et lorsqu'elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu'un mouvement de sa volonté. J'ai même pris soin de la rendre un peu moins odieuse qu'elle n'est dans les tragédies des Anciens, où elle se résout d'elle−même à accuser Hippolyte. J'ai cru que la calomnie avait quelque chose de trop bas et de trop noir pour la mettre dans la bouche d'une princesse qui a d'ailleurs des sentiments si nobles et si vertueux. Cette bassesse m'a paru plus convenable à une nourrice, qui pouvait avoir des inclinations plus serviles, et qui néanmoins n'entreprend cette fausseaccusation que pour sauver la vie et l'honneur de sa maîtresse. Phèdre n'y donne les mains que parce qu'elle est dans une agitation d'esprit qui la met hors d'elle-même, et elle vient un moment après dans le dessein de justifier l'innocence et de déclarer la vérité. »Racine, extraits de Préface à Phèdre

Affiche © Emmanuelle Roule – La Fabrique d’images

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