C'est la question posée par Adèle, 10 ans, dans l’émission "Les P’tits Bateaux". Mais les applaudissements ne sont pas les seules interrogations autour du théâtre. Découvrez trois mystères.

Assises de théâtre
Assises de théâtre © Getty / Bachar Skayni

Pourquoi applaudit-on ?

Aujourd'hui, comme autrefois, on applaudit de manière à montrer son enthousiasme. C'est la conservatrice-archiviste de la Comédie-Française, Agathe Sanjuan qui nous le raconte dans l'émission Les P'tits Bateaux.

Durant l'Antiquité romaine, les applaudissements avaient une place primordiale lors de la représentation. Les acclamations étaient codifiées. Il y avait des acteurs et des chanteurs dont le rôle était de lancer les applaudissements.

Néron à l'époque a institué la "claque". Ceux qu'on appelait "claque" étaient des applaudisseurs professionnels, chargés d'applaudir à certains moments très précis de la pièce, pour marquer l'enthousiasme du public et l’entraîner durant les moments-clés, comme à la télé aujourd'hui, à l'aide d'écriteau ou de chauffeur de salle.

Si à l'époque le public se conformait à la pièce, il n'a pas pour autant toujours été sage. Au 18e siècle, un bon public de théâtre était un public qui réagissait, donnait son avis. À tel point que quand il était mécontent, il partageait son avis de manière constructive et interpellait les acteurs et auteurs durant la pièce. À la suite de cela, les comédiens et l'auteur changeaient le texte pour l'adapter, pendant la nuit.

Cette prise de parole du public a d'ailleurs alimenté des conflits lorsque Victor Hugo a mis en scène Hernani. Un affrontement entre les partisans du romantisme et les anciens spectateurs les plus classiques. Au point que Victor Hugo, pour être sûr d'être soutenu, avait réservé une centaine de places par soirée, pour ses amis. Cet événement houleux qui opposa deux esthétiques théâtrales différentes, est aujourd'hui appelé : "La bataille d'Hernani".  

Pourquoi utilise-t-on le brigadier ?

Le "brigadier", c'est ce bâton que l'on frappe sur le plancher de la scène pour capter et prévenir la salle du début de la représentation. Bien que cette tradition tende à disparaître, nous allons essayer de comprendre d'où elle vient.

Cette tradition pourrait venir du Moyen Âge. Les trois coups symboliseraient la trinité. Le théâtre étant mal vu à l'époque, ils utilisaient ces trois coups pour dissiper les avis négatifs en ponctuant les coups : "Au nom du Père", ensuite "au nom du Fils" et pour finir "et du Saint-Esprit". Le nombre de coups qui précédait les trois derniers pouvait être expliqué par le nombre d'apôtres.

D'autres sources disent que le régisseur martelait le sol de douze coups afin d'annoncer le début de la représentation aux machinistes, qui ne voyaient pas forcément le spectacle. Ensuite arrivaient les trois coups, chacun des trois machinistes, placés à des endroits différents, donnait un coup pour signaler qu'il était à son poste. Ainsi, aux retentissements des trois coups, le régisseur pouvait ouvrir le rideau.

Le terme de "brigadier" proviendrait, d’ailleurs, de cette théorie : les machinistes travaillaient en équipe, en brigade. Le régisseur, en tapant les trois coups, rassemble l'équipe du théâtre pour commencer le spectacle, tel un brigadier rassemblant ses hommes.

Une dernière hypothèse, plus simple, explique que les trois coups représenteraient le salut des comédiens. Un coup pour la Reine, côté cour, un pour le Roi, côté jardin et un pour le public.

Jean-Paul Belmondo et Jacques Chirac portant un Brigadier
Jean-Paul Belmondo et Jacques Chirac portant un Brigadier © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN

Pourquoi souhaite-t-on "merde" aux comédiens ?

Ce qu'on pourrait qualifier de gros mot est toujours lancé, en coulisses, à un comédien avant de jouer sa pièce. Il est censé porter chance à la personne à laquelle on s'adresse. S'il provient du théâtre, il est aussi utilisé aujourd'hui pour souhaiter bonne chance à quelqu'un avant une grosse échéance, comme des examens. Mais alors pourquoi ?

Personne n'est sûr de l'origine de l'utilisation du terme, mais deux théories émergent.

L'utilisation du mot "merde" ferait référence au crottin de cheval que laisseraient les fiacres en amenant les spectateurs au théâtre. Ainsi, plus il y a de "merdes" devant le théâtre, plus il y a de spectateurs. Ces excréments symbolisent l'abondance du public et donc le succès de la pièce.

L'autre théorie explique que l'utilisation de "merde" s'apparente à de la psychologie inversée. Souhaiter du bien, "bonne chance" par exemple, porterait malheur. Ainsi, la pièce deviendrait un échec inévitable. On utilise donc un antonyme pour inverser le procédé.

L'extérieur du Gaiety Théâtre en 1894
L'extérieur du Gaiety Théâtre en 1894 © Getty / London Stereoscopic Company

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