Jean Rochefort est-il l'artiste le plus drôle du monde? "C'est un génie comique!" s'exclame, à juste titre, la belle Juliette Goux, assistante d'Esprit Critique. Yves Robert, l'aîné du comédien, l'a su bien avant nous, en lui offrant de devenir un acteur populaire ("Un éléphant ça trompe énormément"). Par la suite, Patrice Leconte a ouvert son registre vers le tragi comique, avec "Tandem" et "le Mari de la coiffeuse".A 77 ans, à partir de la mi octobre, Rochefort remonte sur scène. Accompagné d'un accordéoniste, il va dire les textes qu'il aime, avec cet ecclectisme qu'il sait populaire, "façon Vilar", dit-il : un large éventail de pensées et d'univers, de Primo Levi à Jean Yanne, en passant par Fernand Raynaud et Roland Barthes. Interroger Jean Rochefort, c'est surtout converser, parler de la vie (il est intarissable sur ses baskets Nike blanches avec des lacets couleur moutarde), de théâtre et de cinéma (Delphine Seyrig est l'actrice qu'il chérit le plus, celle qui a deviné en lui sa fibre tragique. Elle fut sa partenaire de scène à 7 reprises, "sans qu'il n'y ait entre eux de passage à l'acte!"). L'"histrion", comme il se nomme, aime aussi jouer un rôle social, en sortant de ses écuries et des plateaux de cinéma pour s'engager auprès des SDF, comme l'an dernier, aux côtés d'Augustin Legrand. Il se sait "monstre sacré", parce qu'il devine que la camarde le guette, même si le corps et le coeur fonctionnent à merveille (exception faite du dos, toujours fragile). Retrouvez Jean Rochefort lundi, dans sa loge du théâtre de la Madeleine, dans "Esprit critique", à 9h11... C'est un moment de plaisir, je crois.

Jean Rochefort
Jean Rochefort © Radio France
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