Mise en scène, traduction & adaptation Olivier Py

Avec Olivier BalazucCapulet,Camille CobbiJuliette,Matthieu DessertineRoméo,Quentin FaureTybalt,Philippe GirardFrère Laurent,Frédéric GiroutruMercutio,Mireille HerbstmeyerLa Nourrice,Benjamin LavernheBenvolio,Barthélémy Meridjenle Prince.

Pour sa première approche de Shakespeare, Olivier Py a choisi une pièce aussi mythique que rarement montée : Roméo et Juliette, qui à ses yeux est bien plus qu’une histoire de passion malheureuse et doit être soustraite à la mièvrerie d’un certain romantisme. Les amants de Vérone s’aiment parce que cela est interdit, impensable, contraire à l’ordre familial et social – ils s’aiment au nom de l’impossible, lancés dans une fulgurante course à l’abîme qui se moque des obstacles, des conventions – de la vie. Signant lui-même le texte français de cet hymne à la vérité absolue de l’amour comme force dévorante et sauvage qui arrache les êtres au monde, Py a construit sa distribution comme un écrin où faire briller le coup de foudre, confiant son Roméo à Matthieu Dessertine et sa Juliette à la toute jeune Camille Cobbi, qu’il vient de découvrir au Conservatoire.

Roméo et Juliette de William Shakespeare
Roméo et Juliette de William Shakespeare © Odéon-Théâtre de l'Europe

Le théâtre élisabéthain

Les fastes du théâtre se déroulent ouvertement, sans jeu de cache-cache, devant un public qui entoure le plateau de très près.

A chacun des lieux scéniques, disposés en profondeur et en hauteur, correspond une attribution conventionnelle qui rend superflu tout réalisme décoratif. Le proscénium est le lieu indéterminé idéal, où viennent se placer les prologues, où se débitent les monologues, où se déroulent les scènes de liaison et d'intermèdes qu'il n'est pas nécessaire de situer pour la bonne compréhension de la pièce. La scène en retrait (inner stage ), sous la galerie, isolée par un rideau que l'on tire pour la découvrir ou pour la couper du reste du plateau, est davantage spécialisée. On y situe les scènes d'intérieur (tavernes, chambres à coucher, grottes, tombeaux), et, dès que le personnage en sort, ou y pénètre, on connaît que le lieu de l'action se dématérialise, ou se précise. [...] Enfin, la galerie figure diversement des chambres supérieures (d'où les félons, par exemple, peuvent observer leurs victimes), les remparts de la ville, les murailles d'un château (la scène du guet dans Hamlet ), le haut d'une colline ou d'un promontoire, et parfois même le ciel. [...]

Répétition Roméo et Juliette de William Shakespeare
Répétition Roméo et Juliette de William Shakespeare © Alain Fonteray

Chaque nouvelle localisation était comprise du public, soit par une indication du texte (comme c'est souvent le cas dans Shakespeare - «Sommes-nous encore loin de Forres ?»), soit que le lieu scénique nouveau où accédaient les personnages fût précisé par un accessoire symbolique (un trône, un lit, un dais, un cercueil). Le décor n'était donc point nécessaire : non qu'il fût totalement absent. C'est ainsi que deux décors au moins reviennent fréquemment dans les pièces élisabéthaines, le bois et les portes d'une ville. Pour le premier, des arbres étaient certainement utilisés, encore que le dispositif soit incertain – mais ces arbres devaient être assez solides pour qu'on pût y accrocher des pendus. Quant aux portes de la ville, la figuration en était facilitée par l'existence de la galerie du fond située au-dessus des portes (latérales et centrales) qui s'ouvraient sur la scène en retrait. Le réalisme décoratif était donc réduit à son utilité pratique indispensable, et les accessoires et les costumes faisaient le reste.

d'après Henri Fluchère :Shakespeare dramaturge élisabéthain, Gallimard, 1966

l'avis des spectateurs

Présentation par Laurence Peuron dans le journal de 7h du 29 septembre.

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