Retour de Cannes, gavé de cinéma, heureux. Me voici au théâtre, que j'aime tant. La salle est pleine à craquer, des jeunes, surtout qui viennent à la Colline voir une pièce de Michel Vinaver, "Par dessus bord", montée par Schiaretti. Le metteur en scène sait quoi faire de son plateau et son talent de quasi chorégraphe est incontestable. Mais son respect de la pièce des années 60 sur l'entreprise est insupportable. Qu'il fasse des coupes! Et qu'il impose à ses acteurs de sortir des conventions du théâtre français! Me voilà pris d'un énorme cafard. Pourquoi le théâtre public français pèse-t-il parfois des tonnes? Pourquoi apparaît-il souvent comme un art incapable de se renouveler, d'inventer surtout une forme contemporaine, en phase avec son temps? Encore un spectacle élégant mais chloroformé et si loin de nous. Pourquoi parfois le théâtre est-il aussi âgé alors que d'autres domaines artistiques (cinéma, musique, littérature, bd...) inventent encore?Ce triste constat n'est pas un aveu de désintérêt ou de désamour, au contraire. C'est un cri, une volonté de ne plus accepter l'ennui qui plombe le désir du spectateur.

Gi
Gi © Radio France
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