Ça y est, les critiques reprennent le chemin des salles de théâtre ("Qu'est-ce qu'un critique ? C'est un spectateur professionnel", affirmait Guy Dumur, grande signature du Nouvel Observateur .) La rentrée théâtrale démarre fort. Quasiment une pièce à voir chaque soir (il y a pire, pensez- vous, et c'est vrai) . Hier, déception. "Sentiments provisoires", de Gérald Aubert, au théâtre Edouard VII, à Paris, mise en scène de Bernard Murat . Un trio de vedettes, Pierre Arditi, François Berléand, Sylvie Testud . Une histoire légère. Hélène, trentenaire, quitte Marc, son mari (Arditi), pour le meilleur ami de Marc, Félix (Berléand). Tout se passe dans leur maison de campagne. La pièce alterne monologues et dialogues, temps présent et flash-backs, autour d'un événement : l'annonce faite à Marc de la rupture d'Hélène et de son départ avec Félix . La construction est réussie mais le discours, banal . Marc est scénariste pour la télévision. Il invente des histoires sans relief. Il le sait, mais il gagne de l'argent avec des romances qui font de l'audimat. Aubert dénonce la vacuité des scénari dont la télé nous abreuve, mais il applique la même recette . Il enfonce les portes ouvertes, accumule les poncifs, brasse des généralités sur l'amour, le temps qui passe, la séduction, la trahison, et sa conclusion conforte le vieil adage : avoir un bon copain, c'est bien. Comprenez : c'est mieux qu'une femme légère et inconstante . Le trio est impeccable et joue ensemble avec plaisir . On se demande juste ce que ces grands acteurs font là, à part gagner leur vie . Pas de quoi s'énerver outre mesure, ce n'est pas grave au fond de perdre son temps, mais comment s'emballer pour une pièce qui n'enfile que les brèves de comptoir ?

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