d’Ingmar Bergman Avec Françoise Fabian, Rachida Brakni et Eric Caruso Mise en scène Marie-Louise Bischofberger Adaptation : Marie Deshaires Décor et costumes : Bernard MichelLumière : Bertrand CoudercSon : Bernard Vallery

Charlotte est en visite chez sa fille, Eva, qu’elle n’a plus vue depuis sept ans. Charlotte, la pianiste virtuose, face à Eva, épouse du pasteur Victor, qui a recueilli chez elle sa jeune sœur handicapée. Mère et fille, deux femmes s’affrontent. Les souvenirs remontent, les accusations déferlent, les passions lentement se libèrent et se déchaînent jusqu’au paroxysme.

« Sonate d’Automne », un ballet sensible et cruel entre une mère et sa fille.

Une chorégraphie d’amour, d’incompréhension et parfois d’humour, un pas de deux souvent interrompu, toujours repris, jamais achevé... Quand l’une tente de s’en extraire, c’est l’autre qui la rattrape. Et vice-versa. Prisonnières l’une de l’autre, Charlotte et Eva se fuient et se poursuivent, éternellement. Au cœur de leur déchirure, la musique sacralisée, idéalisée, douloureuse. Elle dévore l’une comme l’autre; Charlotte, parce que c’est toute sa vie, Eva, parce qu’elle n’aura jamais le talent de sa mère.Mais aussi un sentiment maternel devenu inaccessible, dysfonctionnel, presque monstrueux. La mort de son enfant laisse Eva orpheline. Charlotte fuit sa fille cadette malade. En marge de ce duo épuré, Victor, le mari d’Eva, est maintenu à distance, protecteur, pacificateur mais, finalement, spectateur impuissant et résigné de l’affrontement entre Charlotte et Eva. Deux magnifiques partitions de femmes, intemporelles et toujours actuelles dans leur quête d’identité, la culpabilité dont elles tentent de s’affranchir, et leur besoin, jamais assouvi, de reconnaissance et d’amour.Marie Deshaires

Sonate d’automne
Sonate d’automne © Pascal Gély
### **Le théâtre est ma passion.** « _Mon métier, c’est le théâtre : je suis d’abord un metteur en scène de théâtre. C’est au théâtre que j’ai connu ces amis : Strindberg, Macbeth, Faust, qui m’ont suivi et me suivront toute ma vie. Au théâtre, je traduis en chair, en sang, en matériaux visibles la vision d’un autre. C’est une des racines de ma création. »« Un prêtre sans la foi n’est qu’un charlatan primitif. Et un artiste sans technique est un amateur. Et pourtant… Où est la véritable foi, où commence le charlatanisme, comment juger sainement la technique d’un artiste et dénoncer l’amateur ?_ » « _Les acteurs sont des créateurs, des gens extrêmement inventifs qui ne peuvent fonctionner que lorsqu’ils sont libres d’imaginer et de trouver leur jeu par eux-mêmes. Le metteur en scène a des mois de réflexion derrière lui lorsque les répétitions commencent. Envoyer tout cela à la tête des acteurs risque simplement de les paralyser. Lorsque le metteur en scène voit que les acteurs arrivent par leurs propres moyens à retrouver ses intentions, il peut au contraire les pousser à aller encore plus loin. Et lorsqu’ils n’y arrivent pas, il peut les y amener très discrètement, en leur suggérant un simple mouvement, par exemple._ »« _Le théâtre est porté par les comédiens. Metteurs en scène et décorateurs peuvent faire tout ce qu’ils veulent, ils peuvent même par leur activité, se saboter eux-mêmes, saboter les comédiens et les auteurs. Quand les comédiens sont solides, ce sont quand même eux qui font que le théâtre existe. »« Voilà le secret du théâtre : quelqu’un monte sur la scène, prend une chaise et dit : « Cette chaise est la plus chère, le plus grand chef-d’œuvre du mobilier du monde ! Elle a dix mille ans. » Tous les spectateurs en venant au théâtre ont pris un engagement avec les acteurs : nous croirons ce que vous nous direz, nous rêverons avec vous, nous pleurerons et nous serons heureux…_ »_Extraits de "Ingmar Bergman", Odette Aslan, Actes Sud-Papiers_
Sonate d’automne
Sonate d’automne © Pascal Gély
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