une pièce de Brigitte Buc mise en scène Jean Bouchaud avec : Valérie Lemercier, Pascale Arbillot, Patrick Catalifo et Mélanie Bernier Gabrielle abuse du Lexomil, avalé à grandes lampées d’Armagnac et enchaîne les amours catastrophiques avec de beaux mufles qui la laissent sur le carreau.Loulou se fout des autres, et n’aime que son fils.Quant à Hélène elle est au bord de l’implosion et tente désespérément de donner le change par un optimisme forcené.Ces trois femmes, qui se sont de prime abord regardées en chien de faïence, vont finalement se donner un sacré coup de main pour traverser une période délicate de leur vie, sous l’oeil narquois d’un garçon de café en pleine crise de misogynie aigüe.Ce qui s’annonçait comme une journée pourrie à tous points de vue, deviendra un des moments les plus joyeux de leur existence.

Note de l’auteur

Préjugés, méfiance, et autres gracieuses manières d’aborder Nos Amis les Autres... Un bistrot de quartier un jour de septembre sous un temps de chien. Trois femmes sont venues pour se protéger de la pluie et avaler un café avant d’aller travailler . Pas de chance pour ces dames, ce matin-là le garçon de café est mal embouché. Comme d’habitude, tout ce petit monde se jauge et se juge dès le premier coup d’oeil.Que de suppositions, généralement négatives sur nos semblables, avant de les connaître et d’être obligé, souvent, de faire son mea culpa : On s’était trompé, cette personne n’est pas du tout celle qu’on pensait... C’est malin, on aurait pu attendre un peu avant de se faire une opinion.Il faut admettre que le problème avec les préjugés, c’est que parfois, ils se révèlent exacts.Le type à la sale gueule est vraiment un sale type, et la présumée idiote n’a vraiment pas inventé l’eau tiède. Et quand bien même...

Un  temps de chien
Un temps de chien © Emanuele Scorcelletti

Les quatre protagonistes du « Temps de chien » ne dérogent pas à la règle . Ils commencent par se faire des idées les uns sur les autres, et après seulement, ils font connaissance. Il leur faudra rester une journée entière dans ce café, tandis que dehors la météo s’affole, pour qu’enfin, la méfiance réciproque s’évanouisse et que la façade des apparences ne finisse par se lézarder.Alors et seulement alors, quelque chose de l’ordre de l’amitié, et peut être même de l’amour, tentera de surgir entre ces quatre-là. La seule aventure de la vie qui vaille la peine, la rencontre profonde et forte de nos semblables, peut enfin commencer !Brigitte Buc

Note du metteur en scène

Il y a chez les auteurs de comédie (les bons, s’entend) une volonté d’apporter du plaisir que l’on ressent à la première lecture et qui vous donne envie de faire vivre leur oeuvre.Les comédiens, les premiers critiques de la partition, ne s’y trompent pas et flairent tout de suite, eux aussi, la possibilité de rendre le public heureux tout en l’étant eux-mêmes. C’est ce plaisir potentiel qui permet les bonnes distributions et celle d’« Un Temps de chien » me semble tout à fait prometteuse.Pour dire le temps pluvieux les anglais emploient l’expression « It rains cats and dogs ». Les français se contentent d’un seul animal et parlent d’un temps de chien, ou de « vache qui pisse » ce qui n’est pas très élégant mais plutôt bien vu d’autant que, comme le disait Jacques Prévert, « Mieux vaut un sale temps que pas de temps du tout ! »

Un  temps de chien
Un temps de chien © Emanuele Scorcelletti

Une pièce qui ne parlerait que de la météo serait sans doute un peu monotone et on ne peut que remercier Brigitte Buc d’avoir élargi son sujet à, entre autres, la condition des femmes d’aujourd’hui, la solitude des garçons de café, la chaleur des bons repas entre amies, la complicité féminine, autant de thèmes éternels et néanmoins actuels qui parcourent la pièce sur le ton léger de la comédie.Dans le décor d’une arrière-salle de café, peut-être un ancien petit dancing de quartier d’où suinte encore la mélancolie du temps « d’avant », trois femmes et un homme vont rejouer devant nous le spectacle éternel des regrets, des amours déçues, espérées ou manquées avec au bout l’espoir qui renait en même temps que se lève, une nouvelle fois, le jour.Jean Bouchaud

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