Saison 1 : Haut-Bas-Fragile'Reconstruire' (épisode 7-8)

Mise en scène de Mathieu Bauer, texte de Sophie Maurer, scénario de Sylvie Coquart-Morel et Cécile Vargaftig.Avec Joris Avodo, Pierre Baux, Michel Cassagne, Christine Gagnieux, Matthias Girbig, Lou Martin-Fernet, Sylvain Cartigny et Stan Valette et la participation de 20 amateurs montreuillois.

L'histoire : Bouleversements sur la place publique

Que vont devenir Pascale, Octave, Nabil, Hugo et Nathalie dont les destins sont liés par l’écroulement d’un immeuble ? La fable sociale et politique se poursuit, de rebondissement en rebondissement. Après deux premières parties présentées à l'automne et en décembre dernier, voici les derniers épisodes de la « Saison 1 » d’Une Faille, feuilleton théâtral qui a pour toile de fond la ville de Montreuil. Il est question de spéculation immobilière, d'intérêt général, de ville utopique et de passion pour le cinéma . Sous les décombres d’un bâtiment effondré, un petit groupe tue le temps, dans l’attente des secours. Entre deux prises de bec, ils tentent de tirer au clair les causes de la catastrophe. Au-dessus d’eux, en l’absence du maire, son second fait front mais la situation se complique. Sur la place publique, des manifestants revendiquent des logements pour tous. Une vingtaine de Montreuillois, comédiens, chanteurs ou musiciens amateurs.Dans les épisodes 7 et 8, de cette comédie dramatique haletante, les survivants réussissent à sortir sains et saufs, mais plus rien ne sera comme avant … Comment vont-ils reconstruire leur vie ?Octave, dont on sait qu’il est le promoteur immobilier véreux, assumera-t-il sa responsabilité dans la catastrophe? Est-ce que Pascale, la jeune policière, réussira à traduire ce dernier en justice ?Nabil, l’apprenti-cinéaste, va-t-il se lancer dans la création d’un vrai film ? Nathalie, la médecin aux nerfs d’acier, retrouvera-t-elle son existence tranquille ? Que restera-t-il des rêves que tous les quatre ont formulés à voix haute, « en bas » ; quand ils refaisaient la ville comme on refait le monde ? Le maire, enfin de retour, va-t-il modifier sa politique en matière d’urbanisme ? Hugo, mobilisé depuis le premier jour, sera-t-il récompensé de ses efforts?Et les manifestants, jusqu’où vont-ils aller pour faire entendre leur voix?

Entretien avec Sophie Maurer, sociologue et auteure

La ville, a toujours nourri les fantasmes: lieu de toutes les corruptions, lieu des solitudes, mais aussi lieu de la vie moderne, des possibles, des batailles politiques etc. Comment travaillez-vous avec ces clichés ? C'est vrai qu'il y a beaucoup d’idées reçues sur la ville. Ce qui est intéressant quand on bâtit une fiction autour de ce thème, ce n’est pas forcément de s’écarter de ces clichés, mais d’essayer de faire avec, parce qu’ils sont aussi une dimension de ce qui se dit sur la ville. On ne doit pas avoir peur de se situer par rapport à ces idées toutes faites et d’en jouer même pour montrer en quoi elles déforment et simplifient la réalité. Le feuilleton est une forme populaire, et nous partons de ce que les gens s'imaginent, puis nous essayons d'affiner leur vision, de la complexifier, pour une idée plus juste de ce qu'est une ville aujourd'hui et des vraies surprises qu'elle réserve, comme des grandes questions existentielles qu'elle porte.Comment votre travail de sociologue nourrit-il ce projet de feuilleton ? Dans ce projet, je nourris la fiction à partir d’enquêtes sur le terrain. Je rencontre des gens et je récolte des données sociologiques. C’est une recherche qui est avant tout qualitative ; je ne travaille pas sur des statistiques, mais à partir de témoignages. Je recueille des histoires de vie. En tant que sociologue, j’ai une expérience de ce genre d’investigation. J’ai notamment travaillé sur les populations d’origine malienne. J’ai aussi participé activement au mouvement Droit au logement.Montreuil est une pépinière d'histoires, elle est traversée de grands mouvements historiques :les formes de vie autonome, les foyers d'étrangers, les populations diverses, et aujourd'hui, la boboïsation....

Une Faille
Une Faille © Pierre Grosbois
**La question du logement est le thème important de ce feuilleton. Et Montreuil, en effet, est une ville particulièrement marquée par cette question.Comment l’abordez-vous ?** Le logement est une question politique particulièrement sensible car cela touche aux grands équilibres de pouvoir. C’est aussi un sujet très concret qui concerne chacun de nous. « Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es. » Cette question est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord.Dans bien des cas, le lieu d’habitation n’est pas le fruit d’un choix. On habite où l’on peut. Dans les récits que je recueille au cours de mes enquêtes, les histoires personnelles renvoient aussi à des phénomènes collectifs. Il y a la désouviérisation, par exemple. Mais aussi donc la question de la gentryfication à propos de laquelle on peut se demander si c’est un phénomène spontané ou si ce sont les politiques qui l’influencent. Si on prend le cas de Montreuil, il y a aussi l’histoire des propriétés autogérées qui se sont développées dans les années 1980. Une forme d’utopie, qui donnait un certain caractère à la ville. Montreuil est une ville populaire où cohabitent des communautés différentes, comme les Maliens, les Roms sédentarisés… Je recueille donc des données d'enquête et j'essaie de les mettre au coeur de l'histoire que nous racontons, à travers les personnages, leur passé, leurs conflits._Propos recueillis par Marie-José Malis_
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