Saison 1 : haut - bas - fragile

« Pris au piège » (épisodes 1-4)

Suite du feuilleton :

3 au 20 décembre 2012 : « Suspendus » (épisodes 5-6)14 mai au 8 juin 2013 : « Reconstruire » (épisodes 7-8)Conception et mise en scène de Mathieu Bauer, texte de Sophie Maurer, scénario de Sylvie Coquart-Morel avec Joris Avodo Nabil, Pierre Baux, Michel Cassagne, Christine Gagnieux, Matthias Girbig, Lou Martin-Fernet et le Choeur citoyen composé de 10 musiciens amateurs et de 14 amateurs théâtre, en alternance

L'histoire : Un drame de la ville

Voilà le drame : un immeuble qui vient de s’effondrer sur une maison de retraite mitoyenne. Il y a des morts, des blessés. Il y a aussi des survivants. Mais tous n’ont pas été retrouvés. Cinq d’entre eux sont restés emprisonnés sous les décombres.Ils sont coupés du monde extérieur. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble en attendant qu’on vienne éventuellement les secourir.Le genre de situation apte à exacerber les tensions. Le genre de situation apte aussi à nous poser des questions sur le monde dans lequel nous vivons. Comment un tel accident a-t-il pu arriver ? Qui sont les responsables ?Au-dessus d’eux, les pouvoirs publics, sous la pression de l’opinion, tentent de réagir. La population s’en mêle, s’interroge, elle veut comprendre…

photo de répétition
photo de répétition © Jean-Luc Tabuteau

Un feuilleton théâtral

C’est parce que les séries sont le vrai lieu populaire d’une réflexion sur notre temps, parce qu’elles sont le lieu de toutes les identifications et de toutes les vérités, parce qu’elles ont trouvé comment nous parler dans l’urgence, dans l’immédiateté mais aussi dans le respect, de notre monde, que nous sommes fascinés par elles.Il s’agit donc de proposer un feuilleton au théâtre : de chercher pour le théâtre la puissance des grandes séries télévisées américaines , leur capacité à mettre en coupe notre monde, à rendre compte de la complexité de la vie moderne, avec les affects si poignants de notre époque.Nous rêvons d’un théâtre addictif, qui se poserait dans la ville et battrait au même rythme qu’elle. Un nouveau rituel populaire pour ce lieu public qu’est le théâtre : des épisodes pour un feuilleton qui parlerait aux gens de leur ville et des combats qu’on y mène, des questions qu’on y affronte. Des épisodes donc, au théâtre, que le public viendrait suivre , avec ce plaisir des retrouvailles, cet humour des objets insolites et cet attachement pour les lieux véridiques qui nous parlent de nous comme on aime.C’est une invention, un objet inédit, lancé dans la ville pour que ses habitants s’y retrouvent et s’y pensent. Pour qu’ils reprennent goût aussi au rituel des soirées de théâtre. Et pour que le théâtre réaffirme sa capacité à parler de la vie, de nos vies et nous prenne par la main, nous entraine dans une histoire.Pour construire cette aventure, nous avons non seulement embarqué une équipe artistique réunissant des écrivains, des acteurs, des musiciens et des techniciens, mais également d’un « Choeur citoyen » composé d’habitants montreuillois (amateurs théâtre et musique).

Le coeur citoyen :

L’histoire racontée par le feuilleton est une histoire de nos villes modernes, faite d’invariants mais aussi de spécificités. Les problèmes de logement, les mutations urbaines, la mixité de la population et la question de la co-habitation, sont les questions de toutes nos villes. La saveur de certains quartiers, l’histoire propre de certaines populations, les hauts lieux d’une ville sont les traits spécifiques qui font le charme concret des lieux.La population de la ville, dans ce feuilleton théâtral est donc représentée par 20 amateurs (environ pour moitié musicien, pour moitié comédiens, tous habitants de la ville) qui, tel le choeur dans les tragédies grecques antiques, parlent, chantent, dansent pour exprimer la voix des habitants… qu’ils sont.Recrutés en amont, via nos partenariats avec les services municipaux, associations locales, conservatoires, groupes musicaux…, ces amateurs travaillent théâtre et /ou musique sous la direction de Mathieu Bauer et de Sylvain Cartigny.Sollicités pour fabriquer leurs propres slogans, énoncés et chorégraphies de foules militantes, solidaires, etc., ils travaillent la partie textuelle avec Mathieu Bauer, selon la technique du sprechgesang, le parlé-chanté, accompagnée par les musiciens qui jouent en direct.Les textes, conçus comme des structures poétiques simples, sont ouverts à une légère réécriture avec ces habitants, en fonction de leurs propres réappropriations, inventivités. Ce travail théâtral s’accompagne d’une partie chorégraphiée, sous forme d’enchaînements d’entrées, de sorties, de compositions de groupe et de séquences gestuelles. Avec les musiciens amateurs, le travail musical porte sur des compositions originales de Sylvain Cartigny. C’est un travail mélodique, populaire et rock, qui sonne comme du John Adams en passant par Tom Waits et Ennio Morricone.L’ensemble donne une image émouvante de la population : une population consciente, désirante, solidaire, véritable inspiratrice et destinataire de ce feuilleton. Le rôle des ces amateurs est d’enrichir le projet artistique de leurs témoignages et points de vue sur la ville. Et surtout, d’incarner une présence sur scène irremplaçable : une spontanéité, une authenticité qui donnent au feuilleton une dimension très véridique.

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