Quelques années après avoir tourné avec Fellini, Pina Bausch faisait son retour à Rome pour créer Viktor, la première de ses pièces voyageuses.

Viktor
Viktor © Ulli Weis

Une reine en exil : ainsi la voyait Federico Fellini, qui lui confia le rôle d’une princesse aveugle à bord de E la nave va. C’était en 1983.

Six ans plus tard, Pina Bausch signait en Sicile cette pièce charnière, Palermo Palermo, à partir de laquelle le Tanztheater de Wuppertal allait bourlinguer dans plusieurs villes du monde.

Mais entre ces deux pôles, il y eut Viktor, créé en 1986 à Rome, à l’invitation du Teatro Argentino, aujourd'hui sur la scène du Théâtre du Châtelet.

Viktor de Pina Bausch par le Tanztheater Wuppertal
Viktor de Pina Bausch par le Tanztheater Wuppertal © Ulli Weiss

L’amour de Pina pour l’Italie était immense, confia au décès de la chorégraphe son ami et dramaturge Raimund Hoghe.

De fait, en archéologue-poète de ses soubassements impériaux comme de ses pulsions contemporaines, Pina restitue dans Viktor un parfum à la fois étrange et familier de la Ville Éternelle, tout en accolant, avec ce sens du montage dont elle avait le secret, ses obsessions de toujours. En exil de tous les faux-semblants.

Jean-Marc Adolphe

Distribution

  • une pièce de Pina Bausch
  • mise en scène & chorégraphie Pina Bausch
  • décor Peter Pabst
  • costumes Marion Cito
  • collaboration musicale Matthias Burkert
  • dramaturgie Raimund Hoghe
  • musiques populaires de Lombardie, Toscane, Italie du Sud, Sardaigne, Bolivie enregistrées & collectionnées par Luigi Cinque
  • musique de Tchaïkovski, Buxtehude, Dvořák, Khatchatourian,
  • musique de danse du Moyen Âge,
  • valses russes,
  • musique de la « Nouvelle-Orléans »,
  • musique de danse des années trente…
  • avec 31 danseurs