Le jeûne est la privation, volontaire, de nourriture. D’un point de vue spirituel ou religieux, le jeûne servait à se purifier, à faire pénitence, à tester sa volonté (carême, ramadan...). Mais aujourd’hui, il est surtout pratiqué pour conserver ou recouvrer la santé.

Physiologiquement, la période de jeûne commence à partir de la sixième heure après le dernier repas. Puisque le cerveau ne peut pas se passer de sucre pour fonctionner, l'organisme se met très rapidement à synthétiser du glucose à partir des réserves de graisses - ce sont les corps cétoniques.

Pour un homme de 70 kg en bonne santé, un jeûne peut se poursuivre jusqu'à 40 jours au maximum - au-delà desquels c'est la mort.

L'organisme est adapté aux périodes de famine

La consommation de nourriture sous forme de repas réguliers, courante dans les pays développés, est récente.

En effet, cette situation d'abondance permanente n'est possible que depuis quelques dizaines d'années et uniquement pour une fraction limitée de la population mondiale.

Cette situation d'alimentation permanente n'est pas aussi idéale qu'on pourrait le croire pour le corps, et celui-ci rencontre quelques difficultés lorsqu'il ne jeûne pas.

Les vertus thérapeutiques du jeûne

Dans les années 50, le psychiatre Youri Nicolaev a permis à quelques patients atteints de schizophrénie de ne pas se nourrir et a observé une amélioration significative de leur état - comparé à ceux que l’on forçait à s’alimenter.
Grâce à ses résultats, il a réussi à convaincre l’URSS de mener des études sur le jeûne thérapeutique dans l’ensemble du pays. Dans les hôpitaux des grandes villes russes ont été étudiés les effets du jeûne sur différentes maladies : maladies des bronches, cardio-vasculaires, estomac, intestin, endocriniennes, digestives, articulaires ou osseuses, peau (source).

Le docteur Otto Buchinger a été le premier scientifique de l'Europe de l'Ouest a populariser cette pratique, au début du XXe siècle.

Aux États-Unis, c'est l'hygiéniste Herbert M. Shelton qui a prôné les nombreux bienfaits du jeûne pour retrouver la santé.

Plus récemment, Valter D. Longo, professeur en biologie cellulaire, a publié des recherches qui ont mis en évidence des effets spectaculaires dans le domaine de la cancérologie : le jeûne permet de diminuer très largement les effets secondaires de la chimiothérapie.