Les vacances de printemps sont habituellement le moment où le secteur de l'hôtellerie-restauration réalise en un mois 12 à 15% de son chiffre d'affaires de la saison. L'épidémie de coronavirus risque de pousser un certain nombre d'entreprises à mettre la clé sous la porte.

La promenade des Anglais, à Nice, désertée
La promenade des Anglais, à Nice, désertée © AFP / Arié Botbol / Hans Lucas

Christophe Castaner l'a rappelé ce jeudi : "On ne part pas en vacances pendant la période de confinement". À ce titre, les contrôles routiers seront renforcés, et il a été demandé aux préfets de s'assurer des niveaux de location, a souligné le ministre de l'Intérieur.

Si les professionnels du tourisme réalisent d'habitude 12 à 15% de leur chiffre d'affaires de la saison au cours des vacances de printemps, il leur faudra cette année se rendre à l'évidence : en raison de l'épidémie de coronavirus, les clients ne seront pas là. Et faute de rentrées d'argent, les embauches de 50 000 saisonniers sont toutes gelées

Selon Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, la facture sera astronomique : quatre milliards d’euros pour les seuls secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des campings ou des clubs de vacances. Si l'on ajoute les transports, la logistique et l’alimentation, on atteint les 10 milliards d’euros.

"Certains risquent de ne pas avoir les moyens d’ouvrir cette année", redoute cet expert du tourisme. Déjà, les organisations professionnelles du secteur évoquent de possibles fermetures d’entreprises, qu’il s’agisse d’hôtels, de restaurants, ou de petits commerces d’alimentation ou de souvenirs.

Dès lors, au-delà de l’accompagnement gouvernemental, des groupes se sont organisés pour soutenir les professionnels. C’est le cas par exemple de la chaîne Logis Hôtel, qui regroupe 2 400 hôteliers indépendants et qui a débloqué 1,7 million d’euros pour soutenir les entreprises les plus en difficulté.

L’été, la grande inconnue

Bien qu’aucun professionnel n’ose le reconnaître ouvertement, tous pensent surtout à l’été prochain. Ils espèrent une levée de confinement qui leur permettrait de relancer la machine. Plusieurs hôteliers se disent ainsi prêts à ouvrir à nouveaux leurs établissements, même si le confinement n’est levé qu’en juin. Et ce d’autant plus que le nombre d’annulations est assez faible : à peine 7%, affirme Protourisme. 

De fait, les indicateurs sont plutôt bons. Si l’on en croit les résultats d’un sondage réalisé par le site campings.com, 88% des personnes interrogées affirment vouloir partir en vacances dès la fin du confinement, et 90 % disent vouloir rester en France. Près de la moitié estiment que prendre ses vacances en France serait aussi une façon de marquer leur solidarité avec des professionnels du tourisme. 

Quant au choix des destinations, il est encore trop tôt pour le connaître. Cependant plusieurs observateurs de nos habitudes de consommation touristiques estiment que ce retour en France des touristes pourrait faire l’affaire de la montagne et de la campagne. En revanche, pour ce qui est de la clientèle étrangère, c’est la grande inconnue. Didier Arino, directeur de Protourisme le reconnaît : on imagine mal les touristes étrangers revenir massivement l’été prochain. Cela risque d'avoir des effets désastreux sur l’économie touristique de deux grandes destinations : Paris et la Côte d’Azur.

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