Encore trop de femmes enceintes n'ont pas conscience des dangers que peuvent représenter certains médicaments, estime l'Agence nationale de sécurité du médicament. Elle lance une campagne de prévention et recommande d'éviter notamment l'automédication ou l'arrêt d'un traitement sans avis médical.

Les femmes enceintes doivent être extrêmement prudentes avec la prise de médicaments durant leur grossesse et consulter, si possible, un médecin avant.
Les femmes enceintes doivent être extrêmement prudentes avec la prise de médicaments durant leur grossesse et consulter, si possible, un médecin avant. © AFP / Mychele Daniau

"Enceinte, les médicaments, c'est pas n'importe comment", dit le slogan d'une première campagne d'information à l'adresse des femmes enceintes, que lance mercredi l'Agence du médicament. Affiches au sein des cabinets, messages pédagogiques sur les réseaux sociaux, plateforme internet dédiée : le but de l'opération est de mieux informer les femmes sur les risques encourus à prendre ou à arrêter certains traitements pendant la grossesse. En effet, après avoir mené une enquête, l'ANSM s'est rendue compte avec sidération que subsistait un important déficit d'information en la matière. 

Une mésinformation aux conséquences graves

D'après l'agence, seulement 30% des femmes interrogées ont conscience de ce qu'elles risquent en allant chercher, sans avis médical, un vieux médicament pour soulager, par exemple, un mal de dents. Il y a bien les pictogrammes d'avertissement pour les femmes enceintes sur les boites, mais savent-elles vraiment que, dans certains cas, une seule prise peut avoir des conséquences très lourdes ? Savent-elles aussi que chaque trimestre comporte ses propres dangers ? 

Les conséquences de cette mésinformation sont graves. On estime ainsi que 800 à 1200 malformations majeures à la naissance seraient liées, en France, à une prise de médicaments inappropriée durant la grossesse. Le risque de malformation est maximal pendant le premier trimestre, avec notamment la prise de certains antiacnéiques ou bien du valproate, autrement connu sous le nom de Dépakine, pour lutter contre l'epilepsie.

Certains anti-inflammatoires très utilisés mais dangereux

Beaucoup plus commun, l'ibuprofène et toute la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens, très courants mais dangereux, tout particulièrement aux deuxième et troisième trimestres. En effet, ils peuvent provoquer des atteintes cardiaques et rénales.

Enfin, même à l'arrêt d'un traitement, ses effets peuvent mettre du temps à s'estomper, d'où l'importance de prévenir son professionnel de santé d'un projet de grossesse. D'une façon générale, la campagne insiste sur quatre règles d'or : pas d'automédication, pas d'arrêt de traitement décidé unilatéralement, une préparation du projet de grossesse avec un soignant et une information régulière de son état de santé auprès des professionnels qui vous suivent. 

"Enceinte, les médicaments, c'est pas n'importe comment", dit le slogan de cette première campagne d'information de l’ANSM à l'adresse des femmes enceintes.
"Enceinte, les médicaments, c'est pas n'importe comment", dit le slogan de cette première campagne d'information de l’ANSM à l'adresse des femmes enceintes. / ANSM