Le 20 janvier prochain, Joe Biden deviendra officiellement le 46e président des États Unis. Mais l’actuel locataire de la Maison-Blanche semble encore prêt à tout pour contester le résultat de l’élection présidentielle du 3 novembre. Même à faire appel à l’armée, selon les informations de la presse américaine.

Donald Trump et l'ancien général Michael Flynn, qu'il vient de gracier, photographiés en décembre 2016
Donald Trump et l'ancien général Michael Flynn, qu'il vient de gracier, photographiés en décembre 2016 © AFP / Jim Watson

La réunion a duré presque toute la journée vendredi à la Maison-Blanche. D’abord dans le bureau ovale, puis dans la résidence du Président. Donald Trump était entouré de ses principaux conseillers, notamment de l’ancien général Michael Flynn (qui en 2017 avait plaidé coupable d’avoir menti au FBI dans le cadre de l’enquête russe, et qui fin novembre a été gracié par le 45e Président des États-Unis). Lors de cette réunion, longue et houleuse, Donald Trump met plusieurs options sur la table. Et propose, selon les informations du New York Times et du Wall Street Journal, d’avoir recours à la loi martiale. En clair, de faire appel aux militaires pour organiser un nouveau scrutin présidentiel. Flynn approuve. Mais les autres conseillers du Président, y compris son avocat Rudi Giuliani, ferment immédiatement la porte à cette proposition. Il faut attendre dimanche pour que Donald Trump démente dans un tweet laconique, avoir envisagé cette option. "Loi martiale = fake news", écrit-il. 

Pourtant, cette théorie du recours aux militaires circule depuis plusieurs semaines dans les cercles du pouvoir et les milieux d’extrême-droite.  

Une procureure spéciale chargée d’enquêter sur la présidentielle 

Depuis le 3 novembre, tous les recours du camp Trump (une cinquantaine au total déposés principalement dans les États-clés) ont été rejetés. À deux reprises, la Cour Suprême (la plus haute institution judiciaire du pays, dominée des magistrats conservateurs, dont trois ont été nommés par Trump), a refusé de se saisir des plaintes du camp Républicain.

Pourtant, toujours selon ces informations de presse, Donald Trump envisage de nommer une procureure spéciale chargée d’enquêter sur d’éventuelles fraudes électorales. 

Celle qui est pressentie pour ce poste s’appelle Sidney Powell. Cette avocate de formation de 65 ans, ancienne procureure, s’est fait connaitre du grand public américain en rejoignant l’équipe d’avocats de la campagne Trump 2020. Depuis plusieurs semaines, Powell fait la tournée des médias conservateurs pour expliquer que le scrutin du 3 novembre a été truqué. Et que la victoire de Biden a été organisée dans le cadre d’un vaste complot international orchestré par les communistes, les mondialistes, le milliardaire et philanthrope George Soros, la fondation Clinton, la CIA et même le gouverneur de Georgie, le Républicain Brian Kemp. C’est elle, Sidney Powell (sensible aux arguments conspirationnistes du mouvement QAnon) que Trump voudrait charger d’enquêter sur cette élection perdue. 

Saisir les machines à voter de Georgie

Donald Trump enfin a pour projet de publier un décret présidentiel qui lui permettrait de faire saisir les machines à vote utilisées le 3 novembre en Georgie (cet État clé a été remporté par Joe Biden avec 11.800 voix d’avance). Mais ce lundi, l’actuel ministre de la Justice William Barr (qui a fait savoir qu’il quitterait ce poste prématurément, avant Noël) a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il n’y avait aucune raison de procéder à une telle saisie. 

Plus d’un mois et demi après l’élection, Trump n’a toujours pas concédé sa défaite. Sa campagne a annoncé dimanche soir qu’elle allait une nouvelle fois demandé à la Cour Suprême d’infirmer trois jugements rendus sur le vote par correspondance en Pennsylvanie (Biden avait remporté cet État avec 80.000 voix d’avance). 

Le jusqu’auboutisme du Président sortant ne modifiera pas le résultat de cette présidentielle. Le 20 janvier à midi à Washington, Joe Biden prêtera serment. Mais Trump a réussi une chose : instiller le doute chez ses supporters. 

Dans un sondage publié par Fox ce weekend, 77% de ceux qui ont voté Trump à l’automne se disent persuadés que la victoire lui a été volée