Pour la première fois, un bailleur social fournit une aide alimentaires aux résidents de ses HLM. À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, "Les Résidences", bailleur social francilien, a organisé une première distribution, car la crise économique touche particulièrement ses locataires.

Une distribution alimentaire organisée par le bailleur social "Les Résidences" à Mantes-la-Jolie
Une distribution alimentaire organisée par le bailleur social "Les Résidences" à Mantes-la-Jolie © Radio France / Rémi Brancato

Dans le gymnase Lecuyer, les gardiens d’immeubles du bailleur social "Les Résidences Yvelines Essonne", organisent le passage des locataires, ce jeudi matin, à Mantes-La-Jolie, dans le quartier du Val Fourré. Pour accéder à la distribution alimentaire, deux documents sont nécessaires : une pièce d’identité et une quittance de loyer, car l’événement est réservé aux résidents des HLM du groupe.

Farine, riz, huile, pâtes, poulet rôti, lait pour bébé, le panier d’Adia est plein. "Ils ont toqué à la porte pour dire qu’il y avait une distribution" témoigne la jeune mère de famille, qui vit seule avec trois enfants : "cela nous soulage un peu, car en ce moment, c’est compliqué, surtout pour les familles nombreuses". "Les fins du mois sont difficiles, c’est pour cela que je suis venue" confie Nathalie.

Des difficultés sociales accentuées pour les locataires

Beaucoup de locataires se disent durement frappés par la crise économique, conséquence de l’épidémie de Covid-19 et des mesures sanitaires. Issa, agent de sécurité incendie, a vu ses revenus baisser ces derniers mois : "je faisais des heures supplémentaires, mais actuellement les entreprises ne peuvent plus en donner, à cause du chômage partiel". Alors le père de famille salue l’initiative de son bailleur : "si tous faisaient la même chose, ce serait pas mal, cela va aider les gens en difficulté, leur offrir deux ou trois jours d’apaisement".

Pour les agents des "Résidences Yvelines Essonne", cette présence à la distribution n’est pas incongrue. "En tant que gardiens, on fait du social, donc si on peut donner un coup de main aux locataires, c’est bienvenu" estime une salariée du bailleur. Leila Bouissoufa, conseillère de clientèle abonde : "on reloge les gens, on travaille dans le social, donc cette action est en harmonie avec notre métier".

Le bailleur social envisage des distributions similaires dans six autres villes
Le bailleur social envisage des distributions similaires dans six autres villes © Radio France / Rémi Brancato

Pour cette distribution, le bailleur a fait appel pour la logistique à plusieurs associations locales, comme Élancoeur, créée en 2016 et qui distribue des paniers alimentaires à des familles en situation de précarité. Une opération "dans la continuité de nos actions, mais à plus grande échelle" se réjouit Rachid Najmaoui, son président.

Ne pas s'arrêter à l'encaissement des loyers 

Le bailleur, qui entend mettre en avant sa responsabilité sociétale d’entreprise (RSE), a mobilisé 30 000 euros, en plus des dons en nature d'entreprises. Des distributions similaires sont prévues à Chanteloup-les-Vignes, Plaisir, Saint-Cyr l’Ecole, Les Mureaux, Étampes et Longjumeau. 

"Dès le premier confinement, on a ressenti que les gens étaient en difficulté" témoigne Leila Bouissoufa. "Le Covid et le confinement accentuent les inégalités sociales" abonde Fatou Aid Daoud directrice de la RSE du bailleur social : "on pourrait s’arrêter à notre seule démarche de récupérer les loyers mais on va au-delà, on englobe tout le contexte économique et social".

Et même si "Les Résidences" n’ont pas constaté d’augmentation des impayés de loyers, le bailleur a pris les devants. Dès le mois de juin, des "caisses de solidarité" ont été mis en place avec 1 million 400 000 euros provisionnés pour aider les ménages en difficulté pour le paiement des loyers. 390 foyers ont fait une demande de ristourne, variant de 100 à 300 euros.