Habitués de l'isolement, les gardiens du phare de Cordouan, à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde, vivent un confinement "au grand air". Balades sur les bancs de sable, pêche et entretiens de l'édifice rythment des journées plus calmes, sans visiteurs ni ouvriers habituels.

Seuls au monde, sur le phare de Cordouan (ici Thomas Dalisson, un des deux gardiens, photographié par son collègue)
Seuls au monde, sur le phare de Cordouan (ici Thomas Dalisson, un des deux gardiens, photographié par son collègue) © Pierre Cordier

Se confiner, loin de l'activité humaine n'est pas une nouveauté pour eux. Pourtant, le confinement généralisé change la vie des gardiens du phare de Cordouan, à l'embouchure de la Gironde. Depuis mi-mars, ils se retrouvent totalement seuls, coupés du monde et au contact de la nature, au milieu de l'eau, et, à marée basse, de 200 hectares de bancs de sables et 150 de plateaux rocheux.

Un phare encore plus isolé qu'en temps normal

En temps normal, les visiteurs commencent à affluer au printemps, en bateau, les week-ends et pendant les vacances scolaires. Ils sont 24 000 par an. Des ouvriers devraient aussi séjourner sur le phare, mais les travaux sont à l'arrêt. Seul le gardiennage a été maintenu. Deux gardiens en permanence avec une nouvelle équipe "tous les quinze jours pour limiter les relèves et les contacts", précise Thomas Dalisson, un des deux gardiens arrivés pour prendre ses deux semaines de service ce vendredi avec Pierre Cordier, qui officie, comme lui, depuis bientôt cinq ans.

"De manière générale, il vaut mieux bien s'entendre avec son collègue" sourit-il au téléphone. Thomas va profiter d'une situation qu'il a déjà un peu goûté, mi mars, au début du confinement, lors d'une précédente rotation. Finies les visites, les passages de bateau : place à la nature.

"Confinés au grand air" avec goélands et cormorans

"On est confinés au grand air, c’est vraiment du luxe, on partage ce lieu magnifique avec les goélands et les cormorans" confie-t-il. "On pense aussi à tous ces gens coincés chez eux dans leurs appartements et on a conscience de notre position de privilégiée". Une situation qu'ont décrit leurs collègues, qui assuraient la rotation précédente, à France 3 Nouvelle-Aquitaine, dans la vidéo ci-dessous.

Outre l'entretien du phare, les deux gardiens peuvent profiter de la nature et de la faune. "C'est l'occasion, à marée basse, de se promener" explique Thomas, "la mer est exceptionnellement calme et le temps particulièrement clément". Ce quotidien, les gardiens le décrivent aussi sur leur compte Facebook, entre promenades, pêche et dîner d’huîtres.

"On ne voit pas de bateau, pas d’avions dans le ciel" constate Pierre, arrivé, vendredi, pour sa première rotation depuis le début du confinement, finalement assez ravi de reprendre du service en cette période de confinement général. "Là j’ai de l’espace je peux me balader, alors que quand je suis à terre, j’ai un appartement de 60 m² sans balcon et sans jardin, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu le soleil comme cela !" explique-t-il.

Un confinement "confortable"

"Ce n’est pas un confinement difficile, le phare est grand et confortable, et on a une cour intérieure" ajoute-t-il. "On a des congélateurs,des placards, les lieux sont équipés" complète Thomas. Alors il faut certes prévoir des provisions, pour quinze jours, sans compter sur la relève du collègue qui arrive habituellement au bout d'une semaine.

Mais la nature offre quelques victuailles. "Les placards sont pleins de riz, de pâtes, de conserves, il suffit d’ajouter un poisson, des huîtres ou des crevettes : on arrive à se nourrir ici !" confie Thomas.

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