Pendant le confinement, Vincent Cardot, jeune prêtre du diocèse de Langres (Haute-Marne) s'inscrit sur le réseau social chinois préféré des ados. Ses vidéos traîtent de la foi, de la prêtrise, ou de sujets sensibles comme la pédophilie dans l'Église. Certaines comptent plus de 700 000 vues.

Vincent Cardot, le curé de Tik Tok
Vincent Cardot, le curé de Tik Tok © Radio France / Capture d'écran, Tik Tok

"Dieu était-il noir ?" "La foi est-elle une invention humaine ?" "Comment sont payés les prêtres?". Sur sa page Curedetiktok, le père Vincent Cardot répond sans filtre aux nombreuses questions de ses 44 000 abonnés. En photo de profil, il porte un col romain et une casquette à l'envers. 

Ordonné en 2018, le vicaire de la paroisse de Nogent (Haute-Marne) est venu à TikTok pendant le confinement. Déjà présent sur Snapchat et Instagram, le prêtre de 31 ans sent que "le Christ [l']appelle à porter la bonne parole" sur les réseaux qu'emploient les jeunes "et en l’occurrence, les jeunes ne sont plus sur Facebook", avance-t-il.

Le père Cardot sur TikTok
Le père Cardot sur TikTok / Capture d'écran TikTok

Très vite, son succès le dépasse : 44 000 abonnés et 1 416 392 vues cumulées sur le seul mois d'août. Entre deux vidéos du dimanche où il résume en quelque secondes l'homélie de la messe qu'il vient de célébrer, le curé s'astreint à répondre aux commentaires et aux questions, nombreuses de ses abonnés. Sans s'interdire les sujets sensibles, comme le célibat des prêtres, la pédophilie dans l'Église ou l'homosexualité. 

Mais l'abbé Cardot se permet aussi un peu plus de légèreté, se prête au jeu des "défis TikTok", chante et danse, sans omettre d'y inclure quelques gestes liturgiques. 

Une chorégraphie improvisée à la sortie d'une ordination
Une chorégraphie improvisée à la sortie d'une ordination / Capture d'écran TikTok

Pour lui, l'Église à tout à gagner à investir pleinement les réseaux sociaux pour y développer une nouvelle forme d'évangélisation. 

TikTok n'est qu'une porte d'entrée vers l'Église et vers Dieu. L'idée étant que les jeunes qui verront ces vidéos aient envie de pousser réellement la porte d'une église. La foi ne se vit pas seul derrière son écran, mais au sein d'une communauté.

S'il espère que son initiative fera des émules, le père Cardot reconnaît que l'Église "n'est pas des plus avant-gardistes, voire un peu frileuse" sur le numérique. Aux États-Unis (en attendant l'interdiction possible de l'application) , les prêches se font déjà sur TikTok. En France, dans le sillage de Vincent Cardot, un prêtre de l'Yonne s'y est mis récemment. 

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