La campagne de vaccination commencera symboliquement dimanche en France avant un véritable lancement massif à la mi-janvier. Pour s'y préparer, l'EHPAD public Lumières d'automne à Saint-Ouen a été choisi pour répéter dans les conditions réelles une séance de vaccination.

Le docteur Michaloux avait également organisé une réunion d'information sur la vaccination
Le docteur Michaloux avait également organisé une réunion d'information sur la vaccination © Radio France / Hélène Chevallier

Quelques résidents d'établissement pour personnes âgées et des soignants à risque se feront injecter le vaccin Pfizer-BioNTech ce dimanche matin. Cela se déroulera au sein de l'unité de soins de longue durée de l'hôpital René-Muret (AP-HP) à Sevran en Seine-Saint-Denis, et au centre gériatrique de Champmaillot, qui dépend du CHU de Dijon. Des injections symboliques puisque la campagne de vaccination ne commencera de façon massive qu'à la mi-janvier. 

Pour être certain d'être prêt, et de tout faire comme il faut, l'EHPAD Lumières d'automne à Saint Ouen (Seine-Saint-Denis), a réalisé un exercice à blanc cette semaine. 

Un peu comme la vaccination, cet exercice a été organisé dans l'urgence, mais pour le docteur Maud Michaloux, l'une des médecins traitants de l'établissement, il était primordial de le faire. "Cela nous a été très utile. On a fait la réception sécurisée des vaccins, vérifié que notre frigidaire était conforme aux réglementations, vérifié qu'on était capable de reconstituer 5 vaccins à partir d'un flacon, explique le médecin (Chaque dose permet en effet de vacciner 5 personnes). Ensuite, il n'y aura plus qu'à les administrer, mais là quel que soit le vaccin, le geste lui-même reste le même. On a surtout testé tout ce qu'on n'avait pas l'habitude de faire." 

Une salle commune plutôt que les chambres pour vacciner

Il a fallu réfléchir aussi au meilleur endroit pour vacciner. Une salle commune a finalement été préférée aux chambres individuelles. Après l'injection, le résident doit rester sous surveillance pendant 15 minutes au cas où il ferait une mauvaise réaction. Si les infirmiers peuvent réaliser les vaccins, un médecin doit se trouver dans l'établissement afin de réagir au plus vite. "Je ne peux pas être en même temps dans l'aile A, dans l'aile B, au premier étage, au deuxième étage, avec un seul chariot d'urgence, confie le docteur Michaloux. On a testé pour voir si on était capables de descendre les résidents dans la salle qui est juste à côté". Sur les 80 résidents, seulement six ne pouvaient être déplacés. "Et, du coup, on a organisé un peu comme un micro centre de vaccination", relate la médecin qui a souvent réalisé des exercices de ce genre quand elle était urgentiste.  

Même les résidents se sont prêtés au jeu raconte Maud Michaloux : "Ils voyaient qu'on était en train de s'exciter et ils ont proposé de faire les patients. Donc, on a pris la tension pour de vrai, pour voir le temps que ça nous prenait de remplir des informations. On a fait comme si on le faisait pour de vrai mais sans piquer". Un exercice qui au final a été plutôt positif conclut la médecin généraliste : "avec les informations qui nous ont été données par le guide de vaccination, c'était tellement précis, tellement clair, que finalement chacun savait ce qu'il devait faire. Moi, ça m'a fasciné et largement rassurée."

Et il vaut mieux, puisque cet EHPAD fera certainement partie des premiers à vacciner la semaine prochaine.