Ce dispositif a été imaginé et mis au point par l'Ifremer et la start-up Blue fins. Il permet de réduire d'un quart la consommation d'énergie des super tankers et autres porte-conteneurs, méthaniers et navires de croisière.

Un foil en forme de nageoire de baleine pour permettre aux cargos de moins consommer donc polluer
Un foil en forme de nageoire de baleine pour permettre aux cargos de moins consommer donc polluer © Getty / by wildestanimal

Le transport maritime compte pour 3% dans le bilan des émissions de gaz à effets de serre, mais son bilan pour l'oxyde de soufre et l'oxyde d'azote est bien pire, puisqu'il représente 17 à 31% des émissions mondiales pour l'azote par exemple. Il a été décidé de réduire de 40% les émissions d'ici 2030, et le secteur explore donc de nombreuses pistes. Et parmi elles, des idées originales comme cette nageoire de baleine installée à l'arrière des bateaux. C'est bien comme cela que l'Ifremer et la start-up Blue fins désignent le dispositif qu'ils ont inventé pour réduire d'un quart la consommation d'énergie des super tankers et autres porte-conteneurs, méthaniers et navires de croisière. 

Utiliser la houle pour propulser les bateaux

Ce foil utilise l'énergie de la houle pour aider à la propulsion des navires. Une pale plate articulée installée à l'arrière du navire et qui bouge à la manière de la nageoire arrière des cétacés, ou à la manière des palmes d'un plongeur. Sauf que ce ne sont pas les muscles du plongeur qui agitent les palmes mais la houle.

La taille du foil (en vert) est adaptée à celle du navire : elle peut atteindre 25 m de long sur 10 m de large pour un bateau de 300 m
La taille du foil (en vert) est adaptée à celle du navire : elle peut atteindre 25 m de long sur 10 m de large pour un bateau de 300 m / Blue Fins / Ifremer

La houle, c'est le mouvement ondulatoire de la surface de la mer qui créé des vagues, mais non déferlantes. Elle est plus ou moins forte et se mesure par l'amplitude – la hauteur des creux entre deux ondes – et la longueur d'onde (la distance entre deux crêtes). C'est en somme un train de vagues qui se propage sur de longues distances. Tirer parti de l'énergie de ce mouvement naturel est une piste explorée depuis quelques années mais qui n'est pas tout à fait mûre. 

Face à la pression réglementaire, le secteur du transport maritime est prié de baisser de façon importante ses émissions. Les pétroliers sont donc à l'affut de solutions. Il existe un marché et le prototype, mis au point par Olivier Giusti, architecte naval et ingénieur va maintenant devoir être reproduit à l'échelle 1/35e. 

Quel potentiel ?

Il faut un niveau minimal de houle pour actionner cette nageoire, le foil. En cas de tempête, il sera relevé pour ne pas se briser. Mais sur les routes transatlantiques ou transpacifiques, le potentiel est là. En Méditerranée, ou en mer Arctique, ce sera moins probant. 

Selon Romain Charreaudeau, en charge du transfert pour l'innovation à l'Ifremer, pour atteindre l'objectifs de moins 40% d'émissions d'ici 2030, les industriels font feu de tout bois et cherchent l'innovation. Il faut s'attendre à un mix de solutions : réduire la vitesse des bateaux, en fabriquer avec des voiles rigides, utiliser une voile de kite pour aider à la traction, utiliser l'hydrogène…  

Fort de ce succès, l'Ifremer a décidé de lancer un nouveau concours Octo'pousse. Il reste encore quelques jours pour déposer son projet en lien avec la mer et avoir la possibilité, s'il est accepté, de décrocher un CDD de 18 mois et un accompagnement de l'organisme public. 

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