À La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, "Mobilhub" permet aux publics défavorisés de faire réparer leur véhicule pour un prix défiant toute concurrence. L'association emploie des garagistes en insertion, dont la majorité travaillait dans la rue.

Raymond, l'un des mécanos de Mobilhub
Raymond, l'un des mécanos de Mobilhub © Radio France / Sébastien Sabiron

C'est un immense espace de 3 000 mètres carré en plein centre ville de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Dans cette ancienne usine métallurgique, l'association Les Cités d'Or vient d'installer son "Mobilhub", un garage solidaire créé il y a un an. 

Le garage solidaire de La Courneuve
Le garage solidaire de La Courneuve © Radio France / Sébastien Sabiron

Au milieu du hangar, Raymond ponce la carrosserie d'un VTC accidenté. Depuis son divorce, cet ivoirien de 60 ans vit dans une caravane. Avant d'être embauché au Mobilhub, il réparait des voitures dans la rue : 

Dans la rue, tout est très difficile. On travaille sur des crics, on n'a pas de matériel comme ici, dans un vrai garage. Il faut se cacher de la police, on est très mal payé. Alors beaucoup travaillent mal et les clients se plaignent. C'est la galère, mais on n'a pas le choix. 

Grâce à Mobilhub, Raymond a retrouvé un emploi, bientôt un logement. Le garage solidaire emploie quatre mécaniciens majoritairement issus de la rue. Une main d'oeuvre extrêmement débrouillarde, explique Olivier K. Esclauze, cofondateur du Mobilhub. 

Ils ont des mains d'or, ils font beaucoup avec pas grand-chose. Mais la mécanique de rue pollue, les pièces détachées et les huiles usagées sont jetées n'importe où.. Ils occupent des places de parking de HLM. Et les réparations sommaires peuvent causer des accidents. 

Olivier K. Esclauze, enseignant à l'université et cofondateur du Mobilhub
Olivier K. Esclauze, enseignant à l'université et cofondateur du Mobilhub © Radio France / Sébastien Sabiron

Mobilhub accompagne ses salariés en insertion dans leurs tâches administratives, pour les aider à stabiliser leur situation. À l'autre bout de la chaîne, les étudiants boursiers, les chômeurs et les retraités bénéficient de tarifs sociaux pour leurs réparations : en moyenne deux à trois fois moins élevés que dans un garage classique. 

Mais le garage solidaire est ouvert à tous. À l'avenir, l'association prévoit de créer un "fablab mobilité", un espace permettant de bricoler soi-même sa voiture, sa trottinette ou son vélo. 

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