Une vaste enquête menée par la direction générale de de la Consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) révèle que le taux d'anomalie des jouets vendus dans les rayons des magasins en 2019 a dépassé 12%, du simple problème d'étiquetage aux erreurs de fabrication qui mettent en jeu la sécurité des enfants.

L'intérieur d'un magasin de jouet, Lille, 2019
L'intérieur d'un magasin de jouet, Lille, 2019 © AFP / PHILIPPE HUGUEN / AFP

À 10 jours de Noël, le bilan de la vaste enquête menée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes ) risque de rajouter un peu de tension dans les rayons des magasins : après plus de 10 200 contrôles effectués sur des jouets, dans plus de 3200 établissements visités, les inspecteurs de cet organisme estiment que des anomalies de sécurité ont été enregistrées dans près de 12,6 % des objets contrôlés.

Les jouets pour les 0-3 ans dans le viseur

Parmi ces anomalies, toutes ne relèvent pas forcément du risque réel pour l'enfant, comme par exemple les problèmes d'étiquetage ou encore l'utilisation abusive de mention de sécurité, par exemple celles "interdit aux enfants de moins de 3 ans", qui se retrouve appliquée sur des objets à l'évidence prévu pour des enfants bien plus grands. 

Mais une seconde partie de l'enquête (760 objets passés au crible, dont 16% se sont révélés non-conformes et dangereux) passe en revanche largement en revue le catalogue des risques graves encourus en cas d'utilisation : risque de chutes sur des trottinettes instables, déguisements en tissu inflammables, risque d'étouffement avec le rembourrage des peluches, rétine abîmée par des LED trop puissantes... Ces  manquements sont relevés chaque année par l'organisme, mais pour 2019, la DGCCRF alerte en particulier sur les plus problématiques : la présence de petits éléments dans les jouets destinés aux moins de 3 ans, qui peuvent être avalés par les tout-petits et provoquer là-aussi des risques d'étouffements.

À la suite de ce volet de contrôles, plus de 117 000 produits ont été détruits dont 32 962 peintures aux doigts, 20 270 "slimes", 14 363 peluches, 9 700 déguisements, 3 217 palettes de maquillage et 1 400 poupées.

L'exemple le plus probant pour ces contrôles effectués au cours de l'année précédente reste aussi celui des trampolines à usage familial, contre lesquels la DGCCRF a mené une action en 2019 pour des manquements de sécurité (mentions obligatoires illisibles, avertissements dans des formulations différentes de celles de la norme, mauvaise formulation des motifs de "danger", absence des instructions de maintenance (écrous, boulons, etc.).

Les fabricants de jouets recadrés

Dans sa note, la DGCCRF pointe aussi du doigts les distributeurs du secteur, un peu trop prompts à se décharger de leurs responsabilité de contrôle sécurité sur leurs fournisseurs. Par ailleurs, les contrôleurs mettent aussi en garde contre les petits fabricants artisanaux, auto-entrepreneurs, discounteurs, et leur méconnaissance de la réglementation obligatoire en matière de sécurité, tout comme l'absence de traçabilité des jouets qu'ils commercialisent.