La chasse s'ouvre ce dimanche partout en France, mais dans la réserve nationale de la plaine des Maures, en partie ravagée au moins d’août par des incendies, la pratique sera interdite. Objectif : permettre à la faune de se repeupler.

Après le passage du feu de foret de Gonfaron au Val De Gilly, à Grimaud, dans le Var.
Après le passage du feu de foret de Gonfaron au Val De Gilly, à Grimaud, dans le Var. © AFP / Franck Bessiere

7 100 hectares de végétation ont brûlé dans ce massif des Maures entre le 16 août et le 26 août, dans le Var. Les stigmates du feu de Gonfaron sont encore visibles, avec ces arbres calcinés qui s’étendent à perte de vue. Alors que la période de chasse ouvre ce dimanche, la préfecture interdit la chasse et la pêche dans la réserve naturelle nationale de la plaine des Maures. Aucun lièvre, lapin, ou faisan ne pourront être tués. En revanche, les battues aux sangliers pourront avoir lieu, "uniquement sur les parcelles de vignes, et ce jusqu’au 30 septembre 2021" précise la préfecture, pour prévenir les dégâts dans les cultures. Cette mesure doit "favoriser un retour à un état de conservation favorable des espèces et milieux et le repeuplement par le petit gibier des zones incendiées"

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Gérer mes choix

"On s’attendait à cette décision, mais il faut continuer à réguler les populations de sangliers, on n’a pas le choix" réagit Bernard Pellegrino, de la société de chasse du Luc, joint par France Inter. Dans son périmètre, 220 hectares ont brûlé. "Il va falloir repeupler en gibier ces coins-là. Les chevreuils ont payé un lourd tribu." 

Ce chasseur poursuit : "Il faudra limiter et mettre des quotas". C’est ce qu’explique l’arrêté préfectoral du Var, où la chasse du chevreuil est autorisée dans les zones brûlées à l’extérieur de la réserve naturelle nationale de la plaine des Maures. Mais il faudra se fier "au plan de chasse pour la campagne 2021-2022". Il pourrait d’ailleurs être "revu à la baisse par la fédération des chasseurs en fonction des populations dénombrées". En revanche, la chasse au petit gibier est interdite pour un an.

Repeupler les zones dévastées

Interrogé par Var Matin, Marc Maury, le directeur du Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca) est bien conscient que les gros gibiers comme le sanglier vont se concentrer près des secteurs calcinés, "et cela implique une forte pression sur les cultures environnantes." Il espère donc que les chasseurs seront cléments, malgré les possibles dégâts engendrés par ces bêtes, "car ces populations ne sont là qu’à titre temporaire, le temps que la végétation se régénère avec les pluies d’automne. Et prélever des animaux en lisière de forêt, c’est prélever des animaux destinés à repeupler toute la zone dévastée."

La Fondation Brigitte Bardot, qui milite pour le bien-être animal, réclame de son côté une année blanche de la chasse dans tout le département : "Ceux qui n’ont pas été pris au piège des flammes seront nombreux à périr par manque de nourriture. Il serait criminel d’autoriser les chasseurs à traquer et abattre les survivants de ce drame."