Créer la première (et la plus grande) bibliothèque de partitions numériques du monde : c’est le défi que s’est lancé une entreprise basée à Berlin, "Enote", alliance d’un chef d’orchestre et d’un informaticien. Leur objectif : faciliter la vie des musiciens et des musiciennes du monde entier.

L'application doit permettre aux musiciens de lire plus facilement des partitions sur l'écran de leur tablette ou smartphone
L'application doit permettre aux musiciens de lire plus facilement des partitions sur l'écran de leur tablette ou smartphone © Daniel Wetzel / Enote

Un chef d’orchestre et un informaticien : le premier en avait assez de ne travailler qu’avec des partitions en papier - ou en format numérique, mais seulement au format PDF. "Vous ne pouvez rien faire avec ça, on n’a pas de possibilité d’interagir avec ces partitions. Et c’est la même chose depuis 100 ans", déplore Boian Videnoff, chef de l’orchestre philharmonique de Manheim, et co-fondateur de Enote. A l'heure actuelle, de nombreuses applications existent, mais la plupart (Noviscore, Newzik, Musescore) sont basées sur des lecteurs de partitions au format PDF.  

L'idée de cette nouvelle application est de se baser sur une intelligence artificielle capable de lire une partition dans les moindres détails, quel que soit l’instrument, la taille de l’orchestre, et de la retranscrire sous un format plus adapté aux écrans. C'est là que réside la principale innovation : en convertissant une partition papier dans un format natif, il devient possible de la transformer directement dans l'application : "Vous pouvez changer la taille du texte, mais aussi le style de partition : certains musiciens aiment voir la musique dans un certain style. La partition peut être personnalisée, ou transposée dans une autre tonalité, en un clic - ce qui, avant, pouvant prendre des heures, voire des jours, à la main", explique Boian Videnoff.   

Jusqu'à 150 000 partitions dans l'application ? 

Même avantage pour les chanteurs, ou les pianistes qui parfois les accompagnent : gagner du temps et éviter du stress. "Chaque musicien, dans une partition d’orchestre, peut retrouver sa partie. On a une bibliothèque de métadonnées qui permet de naviguer dans un mouvement, voire à une mesure en particulier", détaille le chef d’orchestre, qui note aussi que cette bibliothèque numérique devrait permettre aux musiciens et aux musiciennes de retrouver des partitions rares, des éditions anciennes, sans prendre le risque de les abîmer.   

À l’heure actuelle, l’application, qui est en version beta publique (et sur liste d'attente), propose 3 500 œuvres, et pratiquement autant sont ajoutées chaque semaine. D’ici à la fin de l’année prochaine, les concepteurs de l’application promettent qu’elle en contiendra plus de 150 000.