Le Centre mondial de la Paix à Verdun expose, depuis le 6 août, un tableau dans l’espoir de retrouver ses propriétaires légitimes. Volé sous l’Occupation par un soldat allemand, son fils a tenu à restituer le tableau à la France.

Volé pendant la seconde guerre mondiale et restitué par le fils d'un soldat, le tableau de Nicolas Rousseau est exposé au Centre Mondial de la Paix de Verdun
Volé pendant la seconde guerre mondiale et restitué par le fils d'un soldat, le tableau de Nicolas Rousseau est exposé au Centre Mondial de la Paix de Verdun © Maxppp / Frédéric Mercenier

À qui appartient cette huile sur toile, dérobée pendant la Seconde Guerre mondiale ? C’est la question à laquelle Peter Forner, fils du soldat allemand qui a ramené le tableau dans ses valises au printemps 1944, a voulu répondre en restituant l’œuvre à l’Ambassade française l’année dernière. C’est précisément Julien Acquatella, responsable de l’antenne berlinoise de la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) qui s’est vu remettre le tableau et la mission de retrouver ses ayants droits.

"Nous avons essayé de répondre de la meilleure des façons à la volonté de M. Forner, qui souhaitait que le tableau retourne en France au plus vite et surtout qu’il n’atterrisse pas dans un dépôt. Qu’il soit montré au public, qu’il serve de support pédagogique, et aussi de symbole à l’amitié franco-allemande et à l’amitié européenne", souligne Julien Acquatella. Une demande considérée par la CIVS comme "noble et courageuse" mais aussi compliquée. "Il s’agissait de lancer les recherches parce que ni le lieu de spoliation, ni les propriétaires légitimes, ni le parcours véritable de l’œuvre durant la Seconde Guerre mondiale ne sont connus."

Plus qu'une œuvre, "une preuve vivante de ce qu’est l’amitié franco-allemande"

En attendant que ces recherches aboutissent – et toujours dans l’idée d’honorer le souhait de Peter Forner – le tableau a pris place désormais dans le hall d’entrée du Centre Mondial de la Paix à Verdun. Une bonne façon d’exposer l’œuvre au public et de, peut-être, retrouver son propriétaire légitime. Cette exposition a un autre objectif qui entre directement en résonance avec la mission du CMP : "Être une preuve vivante de ce qu’est l’amitié franco-allemande. De montrer que dans une démarche volontaire, un citoyen allemand a restitué un tableau 75 ans après qu’il a été dérobé en France", explique Philippe Hansch, directeur du Centre Mondial de la Paix.

Tout ce que l’on sait pour l’instant de ce tableau, c’est qu’il date du XIXe siècle et a été peint par Nicolas Rousseau, élève de l’École de Barbizon. Cette huile sur toile représente une personne en train de pêcher dans un cadre bucolique. Sa valeur marchande est estimée à quelques milliers d’euros, sans plus de précision faute d’informations. "Mais le plus important, c’est bien la valeur historique de ce tableau, souligne Philippe Hansch. Cette valeur, c’est celle de la capacité à transmettre l’amitié franco-allemande au quotidien."

La Commission d’Indemnisation des Victimes de Spoliation a quelques pistes de réponse sur les origines d’appartenance du tableau, mais celles-ci sont encore tenues secrètes. Si des ayants droits sont retrouvés, "On va discuter avec eux pour que cette pièce exceptionnelle d’amitié franco-allemande puisse rester au Centre Mondial de la Paix. Mais la première vocation est que ce tableau revienne aux ayant-droits. Et ce sera leur choix ensuite de décider s’ils souhaitent le conserver à leur domicile ou l’exposer ailleurs", précise Philippe Hansch.

En attendant, l’œuvre restera exposée encore plusieurs années au Centre Mondial de la Paix. Et dans quelques mois, elle prendra place au sein d’une exposition consacrée à la Seconde Guerre mondiale.

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