Le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA) a recruté 150 volontaires pour ratisser une zone boisée de l'Yonne ce mercredi. Le 25 juillet dernier, un Airbus A220 survolait le département et a perdu une pièce en vol : c'est cette pièce qui est recherchée.

Une demi-couronne de 70 cm de diamètre en titane d'un A220 est toujours portée disparue dans l'Yonne à ce jour
Une demi-couronne de 70 cm de diamètre en titane d'un A220 est toujours portée disparue dans l'Yonne à ce jour © Radio France / Stéphane Iglesis

"C'est une première, on ne l'a jamais fait en France ni ailleurs", explique Sébastien Barthe, porte-parole du Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA). Mercredi, 150 bénévoles participent à la recherche des débris d'un Airbus A 220 dans l'Yonne. Cette gigantesque battue est organisée par le BEA pour retrouver une pièce de moteur perdue en vol par cet appareil, en juillet dernier. Il s'agit précisément d'une demi-couronne de 70 cm de diamètre en titane qui s'est peut-être brisée en plusieurs morceaux. 

"Le 25 juillet, lors d'un vol Genève-Londres en phase de croisière, le moteur gauche de l'avion a subi une défaillance mécanique et des pièces seraient tombées dans une zone boisée non habitée proche des communes de Perrigny-sur-Armançon et de Cry", à la frontière avec la Côte-d'Or, a détaillé le BEA dans un communiqué avant de lancer un appel pour recruter des volontaires. Le vol avait dû être dérouté vers Paris, où l'avion s'était posé.

Le NTSB, l'homologue du BEA aux États-Unis, chapeaute l'enquête étant donné que le moteur, de marque Pratt & Whitney, est américain. 

Une première dans le monde

Une battue avec un "dispositif large" est donc organisée mercredi. Elle sera prolongée avec un "dispositif réduit" jeudi et vendredi. Aux côtés des bénévoles, se trouveront des agents de l'aviation civile, des gendarmes et des agents de l'Institut géographique national (IGN). Des enquêtes sur des événements non-mortels sont régulièrement menées, mais jamais encore avec des recherches au sol.

"On a réuni deux cents personnes sur la journée du 6 novembre, des gens de l'ONF, des anciens d'Air France, des passionnés d'aviation, des pilotes privés, et on a aussi des gens de la région", précise Sébastien Barthe, directeur de la communication et porte-parole du BEA.  

La journée commencera par un briefing à 8 heures. Des groupes d'une dizaine de personnes seront formés et dirigés par un agent du BEA. Le soir, ces 200 participants se retrouveront autour d'un repas : "on a invité les élus qui nous ont beaucoup aidés, on a essayé de faire un repas très sympa pour remercier les volontaires."

"On a défini des zones prioritaires de recherche qui sont censées être les zones les plus probables de chute de la pièce que l'on recherche", rapporte le porte-parole. "L'idée est de faire une inspection au sol et dans les airs parce qu'il est pas exclu que la pièce puisse être dans les arbres." Cette zone de recherches a été longue à établir par le BEA. C'est pourquoi les recherches n'ont lieu que deux mois après. Et le temps presse. La neige ou des chutes de feuilles rendraient l'exploration encore plus difficiles, "c'est pour ça que les recherches se déroulent à cette période."

D'autres anomalies repérées sur des Airbus A 220

"Deux autres événements (ont eu lieu) le 16 septembre et le 15 octobre, également des anomalies moteur qui, ces fois-là, n'ont pas fait l'objet de perte de pièces en vol", précise Sébastien Barthe. Le 16 septembre, le vol a été dérouté sur Genève où des pièces endommagées sont restées coincées dans le moteur et sont en cours d'analyse selon le communiqué du BEA. 

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